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Infrabel News

Le « train eau chaude », une piste innovante en vue de se passer des herbicides

Infrabel poursuit sa recherche d’alternatives pour un réseau ferroviaire toujours plus vert.

Le « train eau chaude », une piste innovante en vue de se passer des herbicides

Depuis quelques années, Infrabel s’attèle à réduire son utilisation d’herbicides. Mais en Belgique comme ailleurs ces substances chimiques restent indispensables au désherbage des voies, afin de garantir la sécurité du trafic ferroviaire et du personnel. Parallèlement à l’octroi de dérogations, le gestionnaire du réseau poursuit ses efforts afin de trouver des alternatives techniquement et économiquement réalistes, dans l’optique de se passer, dès que possible, des herbicides. Un « train eau chaude », et son développement made in Belgium actuellement en phase de test dans l’Est du pays, offre des perspectives encourageantes.

Les herbicides : un mal nécessaire, en Belgique comme ailleurs
Au sein d’Infrabel, il n’est personne pour défendre l’idée d’un recours inutilement prolongé aux herbicides. Ces substances chimiques, dont l’usage est aujourd’hui strictement réglementé en Europe, doivent être remplacées au plus vite par des alternatives plus respectueuses de l’environnement.

Cela étant, en Belgique comme sur d’autres réseaux ferroviaires européens, les herbicides restent « un mal nécessaire » pour garantir la sécurité du trafic et du personnel. En effet, lorsque la végétation se développe dans le ballast – le tapis de cailloux que l’on trouve sous les rails et qui fait office d’amortisseur – elle est susceptible de perturber la géométrie « au millimètre près » des voies et ses qualités de drainage. Donc de menacer la sécurité des trains. De même, une végétation qui deviendrait luxuriante aux abords immédiats du rail pourrait gêner le personnel d’entretien qui inspecte le réseau à pied, mais aussi encore masquer certains défauts ou entraver la perception des feux de signalisation.

Infrabel, gestionnaire de plus de 8000km de voies ferrées, bénéficie de dérogations octroyées par les autorités régionales pour des périodes limitées et potentiellement renouvelables. Parallèlement à l’octroi de ces dérogations, Infrabel augmente le recours à des techniques mécaniques pour désherber des voies « accessoires » (comme les gares de triage). Pour traiter les voies « principales », Infrabel s’est engagée à rechercher des alternatives techniquement et économiquement réalistes. Le « train eau chaude », en test dans l’Est du pays, est une piste encourageante… ​


Le « train eau chaude », une piste innovante en vue de se passer des herbicides

Un « train eau chaude » suisse et son développement belge
Dans le petit monde des gestionnaires d’infrastructure ferroviaire européens, où chacun cherche des alternatives aux herbicides, la Suisse a été la première à tester un train conçu pour éliminer la végétation à l’aide d’eau chaude. Infrabel s’est inspiré de ce prototype et a développé sa propre technologie, innovante à bien des égards.

Le train eau chaude made in Belgium, qui termine sa deuxième saison de tests après quelques essais limités à l’automne dernier, est long de 180m. Il se compose de 2 locomotives encadrant 5 wagons. Trois d’entre eux sont des citernes, bien isolées, qui contiennent 3 x 50 .000 litres d’eau portée à 90°C. Sur les 2 autres wagons, on trouve le dispositif de chauffe, un groupe électrogène et des ordinateurs qui pilotent le système de déversement : 2 buses sont situées de part et d’autre des citernes pour traiter les pistes de sécurité latérales ; 4 autres se trouvent sous les citernes pour traiter spécifiquement le ballast. Dans sa configuration actuelle, le « train H2O » circule à une vitesse de 20km/h, suffisante pour ne pas gêner le trafic des trains. A raison de 3 à 6m³/km d’eau chaude déversés, il est à même de plusieurs dizaines de kilomètres par jour. Dans certaines zones, notamment celles ou la biodiversité est particulièrement riche aux abords des voies, il n’asperge que le ballast. A raison de 3 à 4 passages par an, (contre 2 lorsque l’on emploie des herbicides) l’usage d’eau chaude pourrait suffisamment ralentir la croissance de la végétation.

Georges Gilkinet, Ministre fédéral de la Mobilité : « La biodiversité, c’est notre patrimoine le plus précieux ; nous devons la préserver par tous les moyens si nous voulons léguer une planète viable à nos enfants. Plus tôt nous pourrons nous passer des pesticides pour entretenir notre réseau ferroviaire, mieux ce sera ! J’ai conscience que c’est un défi complexe, mais il est plus que nécessaire. C'est en tout cas une priorité depuis mon entrée en fonction. Deux millions d’euros supplémentaires ont été accordés à Infrabel pour accélérer la recherche de solutions durables et innovantes dans ce domaine. Avec ce train désherbeur à eau chaude Infrabel en teste une première, qui pourrait être une œuvre pionnière en Europe. De cette manière, nous travaillons ensemble à un réseau ferroviaire encore plus performant mais aussi plus vert et plus sain ! »

Ces premiers tests sont encourageants et seront prolongés, dans les 2 à 3 prochaines années, principalement sur une partie de l’axe Anvers-frontière allemande. Le temps aussi que ce train-prototype devienne écologiquement plus performant. Dans le futur, l’eau sera chauffée à l’aide de pellets ou d’une pompe à chaleur, avant le départ du train. Un dispositif informatique de détection de la végétation, recourant à l’intelligence artificielle, actionnera les pompes de façon autonome afin de réduire les quantités d’eau utilisées.

Zuhal Demir, Ministre flamande de l’Environnement : « Les pesticides font souvent plus de mal que de bien. Ils tuent les mauvaises herbes mais ont aussi un impact négatif sur le reste de l'environnement. Infrabel est toujours responsable de la majorité de l'utilisation des pesticides dans le secteur des services publics en Flandre. Si nous voulons nous débarrasser des pesticides, nous devons les réduire. Il est donc positif de voir qu'Infrabel prenne effectivement des initiatives en ce sens. Nous espérons que cette initiative mettra Infrabel sur la bonne voie pour réduire autant que possible son utilisation de pesticides ».


Le « train eau chaude », une piste innovante en vue de se passer des herbicides

La nécessité d’une combinaison d’alternatives
Depuis 2019, Infrabel suit un plan de réduction de pesticides, dont l’objectif est de désherber les voies principales et accessoires d’une manière alternative ou préventive.

Dans les voies accessoires, comme les gares de triage, ce plan d’actions vise à diviser par 2 les surfaces traitées d’ici fin 2023. Cela se fait en recourant à la fauche, au sarclage ou encore à l’arrachage… Ces techniques mécaniques ne sont malheureusement pas généralisables car, outre le budget exorbitant que cela exigerait à l’échelle du réseau, elles prendraient un temps considérable et nuiraient fortement à la fluidité du trafic. Afin d’éviter d’une manière structurelle la croissance des mauvaises herbes sur les pistes de sécurité, Infrabel intègre également des aménagements préventifs (béton, asphalte, sable-laitier) lors des travaux de renouvellement.

A terme, c’est donc la combinaison d’alternatives, comme l’acide pélargonique et le train à eau chaude, auxquelles s’ajouteront peut-être de nouveaux bio-herbicides performants ou des systèmes électriques encore en cours de développement, qui permettra de se passer des substances les plus nuisibles pour le désherbage des voies.

Benoit Gilson, CEO Infrabel : « Infrabel déploie de gros efforts pour limiter l’impact de ses activités sur l’environnement. La réduction du recours aux herbicides, ces dernières années, en est un exemple concret. Mais il est de notre devoir d’aller encore plus loin et de tout mettre en œuvre pour bannir ces substances chimiques. Le « train eau chaude » offre des perspectives prometteuses. Je suis fier de cette innovation et je ferai tout ce qui est possible pour que ce prototype devienne l’un des outils permettant de désherber de façon propre nos infrastructures, au bénéfice de la sécurité tant de nos collègues que du trafic. »

www.infrabel.com

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