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SNCF : les prix des billets ont-ils baissé  ?

Selon la ministre des Transports, les tarifs ont « globalement » baissé, mais la perception des clients est bien différente. En cause : la complexité de la grille.

SNCF : les prix des billets ont-ils baissé  ?

Comment sont fixés les prix des billets de train de la SNCF  ? L’épineuse question, pour qui se penche sur la grille tarifaire, en ferait fuir plus d’un. Mais pas la ministre des Transports, Élisabeth Borne, qui a affirmé le 5 juillet sur Franceinfo que, « globalement, les prix des TGV baissent depuis plusieurs années ». À raison  ? Oui, selon la SNCF, qui précise à Franceinfo que « les prix de la grande vitesse ont baissé de 6 % en quatre ans ».

L’entreprise mène « une stratégie de volume », précise-t-elle. L’offre de voyages à « petit prix » augmente pour inciter les gens à acheter des billets. En détail, un « petit prix » est un billet qui coûte moins de 50 euros et ne dépasse pas de 20 % le prix du même trajet en covoiturage, précise encore Franceinfo. Selon un rapport de la SNCF datant de 2018, ces billets moins chers ont augmenté pour atteindre 42,6 % des ventes en 2018, contre 37,6 % en 2016.

Mais, si de nombreuses personnes profitent de ces prix avantageux, tout le monde n’y trouve pas son compte. « Les Ouigo concernent les liaisons radiales, entre Paris et les grandes villes de province, et pas les liaisons transversales. Ces trains low cost ne bénéficient donc pas à une partie de la population », explique ainsi Bruno Gazeau, président de la Fédération nationale des usagers des transports (Fnaut).

Alors, qu’en est-il de cette baisse affirmée par la ministre des Transports et la SNCF  ? Selon une enquête réalisée en avril 2019 par le magazine Que Choisir, sur 78 trajets examinés, 39, soit très exactement la moitié, ont vu leur prix au kilomètre réduire de moitié. Dans le détail, des disparités importantes apparaissent : ainsi le trajet Paris-Charleville-Mézières a augmenté de 71 % avec un prix au kilomètre à 0,21 euro, tandis que la liaison Paris-Quimper, à 0,15 euro/km, augmentait de 1 %. Même chose pour les baisses : le prix d’un Bordeaux-Toulouse s’effondre de 63 %, mais ne diminue que de 3 % sur un Paris-Biarritz. En règle générale, note Franceinfo, mieux vaut voyager loin pour payer moins cher à la SNCF : les trajets de moins de deux heures étant plus coûteux que les trajets moyens – moins de trois ou quatre heures – eux-mêmes plus chers que les trajets longs. Mais, si la tarification au kilomètre est bien prise en compte par la SNCF, elle n’est pas le seul critère.

37 tarifs différents pour un Paris-Marseille

Le prix d’un billet est en effet un amalgame entre les dates, les horaires et l’affluence théorique des voyageurs, selon la règle du « yield management », mise en lumière par les chercheurs de l’université de Lille et du CNRS, Thomas Delclite et Jean Finez, en 2013. Et il faut ajouter à cela les réductions dont bénéficient certains voyageurs du fait de leur âge ou des cartes. Selon les chercheurs, dont Franceinfo relaie l’étude, un Paris-Marseille fluctue entre 37 tarifs différents et, en moyenne, 3 à 5 paliers de prix existent sur chaque type de billet. Impossible d’en savoir plus : « Les paliers de prix relèvent du secret industriel », expliquent-ils. Une usine à gaz qui explique largement la perception des voyageurs : « Quand les gens voyagent, ils le font plutôt en période de pointe : pendant le week-end et les vacances scolaires. Et, forcément, comme ce sont les périodes les plus demandées, les prix des billets sont plus élevés », explique Bruno Gazeau.

En finir avec cette complexité n’est pourtant pas la panacée, selon un spécialiste interrogé par Franceinfo, un prix unique favoriserait l’engorgement aux heures de pointe. Il correspondrait aussi forcément à un prix médian par rapport au système actuel, c’est-à-dire que la moitié des voyageurs paierait plus, l’autre moins.

lepoint.fr

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