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Pièces contaminées et wagons immobilisés... L'amiante revient hanter la SNCF

Pièces contaminées et wagons immobilisés... L'amiante revient hanter la SNCF

Depuis juillet 2018, plusieurs pièces contaminées à l’amiante ont été découvertes dans des wagons de fret partout en France. La polémique a éclaté fin juillet 2019 dans l’atelier de maintenance d’Ambérieu-en-Bugey (Ain). La SNCF affirme que la situation est sous contrôle, tandis que syndicats et inspections du travail dénoncent des défaillances importantes et des mesures insuffisantes.

La SNCF n’en a pas fini avec l’amiante. 22 ans après son interdiction en France et son retrait officiel de tous les wagons de fret, le matériau cancérogène et souvent mortel est réapparu sur différents sites de l’entreprise, provoquant colère et crainte du côté des salariés et des syndicats. La polémique a véritablement éclaté le 30 juillet à l’atelier de maintenance d’Ambérieu-en-Bugey (Ain), où le syndicat SUD-Rail a déposé un droit d’alerte pour danger grave et imminent.

En janvier 2019, les salariés du site repèrent des pièces de frictions contaminées dans des wagons à bogies. Des mesures de sécurité sont prises, ralentissant fortement la cadence de travail. Le 29 juillet, selon le syndicat, le directeur du Techninat de la SNCF David Brainville ordonne aux cheminots de reprendre le travail sous peine de devoir mettre la clef sous la porte en fin d’année. Une situation inacceptable selon SUD-Rail. “Encore une fois la direction veut faire du en même temps. Elle met en place des mesures insuffisantes, et en plus elle nous met la pression pour augmenter la production”, dénonce Julien Troccaz, un représentant du syndicat.

Première découverte en juillet 2018

Ambérieu n’est pas un cas isolé. Tout démarre entre juillet et septembre 2018 sur le site de Nîmes-Courbessac (Gard), où plusieurs fourrures de crapaudine (des pièces de wagons) bourrées d’amiantes sont découvertes. Un protocole de protection et de nettoyage est enclenché. Le 16 octobre 2018, la direction du matériel SNCF diffuse un message urgent à l’ensemble des technicentres en France, avec des photos des pièces touchées. Quatre glissoirs amiantés sont retrouvés en Languedoc-Roussillon, deux dans les Hauts-de-France, et finalement quatre derniers à Ambérieu. SUD-Rail pointe du doigt “des défaillances très importantes de la direction dans le repérage de l’amiante”.

En janvier déjà, le comité social et économique (CSE) TER de la région Auvergne-Rhône-Alpes, dont dépend le site d’Ambérieu, dépose un droit d’alerte pour danger grave et imminent. Des inspecteurs du travail de Lyon se rendent sur place, et mettent en garde contre un potentiel risque d’exposition des salariés à l’amiante que la SNCF aurait sous-évalué. “La direction était au courant depuis 1997. En 20 ans, aucune mesure de protection n’a jamais été prise”, déplore Julien Troccaz.

Mandaté par le CSE, le cabinet Ergonomnia réalise une expertise remise sur les sites voisins d’Ambérieu et de Sibelin (Rhône), remise le 28 juin dernier. Consulté par la revue mutualiste Santé & travail, le document pointe du doigt les “failles importantes” dans “la manière dont l’entreprise a géré cette problématique”. Selon celui-ci, la SNCF “s’est reposée sur les attestations de non-présence d’amiante, délivrées par des fournisseurs de pièces de wagon, reçues entre 1980 et 1985.” En déterminant, peut-être un peu trop vite, que toutes les pièces contaminées avaient disparu, “l’évaluation défaillante de 1997 a conditionné toute la politique de prévention pour les vingt années qui ont suivi, éteignant toute vigilance concernant la persistance éventuelle d’amiante dans ces organes de friction”.

Un parc ayant très peu servi

De son côté, la SNCF parle “d’une situation anormale, dans la mesure où depuis 1986 les pièces sont non amiantées et certifiées comme telles par [les] fournisseurs.” Une enquête interne a déterminé “qu’il s’agissait d’un parc de wagons ayant très peu servi et qui avait pu échapper à la fois à l’évaluation de 1997 et à la maintenance prévue sur ces pièces.” Tous les wagons concernés sont “désormais recensés et identifiés” afin “de prévenir les opérateurs de maintenance du risque existant.”

Pour le retrait des glissoirs, des “opérations se font déjà dans sept centres de maintenance, selon un protocole amiante élaboré par des personnes formées, présenté en CSE, et transmis à l’inspection du travail locale. Toujours en conformité avec la réglementation, les sites mettent également en œuvre des mesures d’exposition et d’ambiance, avec des laboratoires accrédités et dont les résultats sont naturellement partagés.” Des protocoles et mesures jugées suffisantes par les représentants des salariés du site d’Ambérieu. “Les échanges avec les organisations syndicales et les inspecteurs du travail dans le centre de maintenance d’Ambérieu n’ont pas permis un consensus avec les partenaires sociaux sur les méthodes opératoires à adopter : la production est donc suspendue pour le moment dans cet atelier”, commente la SNCF.

Concernant les fourrures de crapaudine, un remplacement en atelier est impossible, juge la SNCF. “Lorsque cette pièce est repérée comme suspecte, les wagons sont immédiatement garés, le temps que l’appel d’offre réalisé par la direction du matériel auprès d’entreprises externes spécialisées et certifiées pour ce genre d’opération soit fructueux. L’entreprise retenue à l’issue de cet appel d’offres devrait être connu en septembre prochain”, explique la SNCF.

Un recensement qui se fait attendre

Une délégation SUD-Rail a été reçue le matin du 1er août par l’entreprise. Mais aucune réelle solution ne semble avoir été trouvée pour l’instant. “On considère que la direction ne prend pas assez le sujet au sérieux. Elle ne prend pas suffisamment d’engagements concernant l’importance de la sécurité et de la santé de ses agents. C’est de la mise en danger d’autrui, déplore Julien Troccaz. La direction des ressources humaines et le comité exécutif doivent s’emparer du problème. Il faut retrouver les milliers de collègues et retraités potentiellement touchés. Il faut réaliser des fiches d’exposition à l’amiante et une procédure d’accompagnement individuel.”

Rien que pour le site d’Ambérieu, “le recensement des personnels étant ou ayant été exposés n’est pas encore finalisé, répond la SNCF. La rédaction des fiches d’exposition à l’amiante nécessaires à ce recensement implique la réalisation de prélèvements et de mesures particulières d’ambiance dans plusieurs situations de travail. Les méthodes de prélèvements et mesures particulières font pour l’instant débat entre la direction de l’entreprise, les organisations syndicales locales et l’inspection du travail.” Autrement dit, la réalisation du recensement au niveau national n’est pas pour tout de suite. Il faudra ensuite procéder à un inventaire complet des quelques 30 500 wagons à bogies… La SNCF n’en a définitivement pas terminé avec l’amiante.

usinenouvelle.com/

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