Les Chemins de Fer Russes affichent leurs ambitions écologiques
Alors que la législation écologique russe se durcit, les grandes entreprises d’État prennent le virage des Greentech.Les monopoles naturels, qui représentent une grande partie de l’économie russe, prennent conscience de leur responsabilité écologique. La stratégie des Chemins de Fer Russes (RJD) prévoit une division par deux de son empreinte écologique d’ici à 2030.
117 millions d’euros investis en 2018
Les dépenses des RJD affectées à la protection de l’environnement ont dépassé les 8,5 milliards de roubles (117 millions d’euros) en 2018, parmi lesquels 5,2 milliards (72 millions d’euros) ont été investis dans des projets concrets. Cette politique a permis à l’entreprise d’État de réduire ses émissions de gaz nocifs de 4,3%, ses rejets d’eaux usés de 11% et de fermer douze installations jugées anti-écologiques (démazoutage d’entrepôts de pétrole par exemple).
« Nous nous efforçons de remettre ce genre d’installations à leur état naturel », explique Sergueï Kobzev, directeur adjoint et ingénieur en chef des Chemins de Fer Russes. « Malheureusement, les technologies de traitement des substances dangereuses telles que le phénol, n’existent pas encore en Russie. Il faut des années pour obtenir de bons résultats, alors que beaucoup de sites pollués se trouvent à proximité de grandes villes. Cela nous motive à développer et intégrer au maximum les « Greentechs » et le développement durable dans notre modèle économique ».
Les RJD portent aussi une attention particulière à la destruction et au recyclage des traverses en bois usées, qui s’accumulent d’année en année. L’an dernier, plus de 2,4 millions de traverses ont été recyclées, et l’entreprise prévoit d’en recycler 2,8 millions cette année. La destruction des traverses se fait, à l’heure actuelle, en les brûlant dans une usine spécialisée de la région d’Irkoutsk, en Sibérie. En 2018, RJD a lancé la conception d’un carburant solide produit sur la base de ces anciennes traverses en bois : ce carburant pourrait servir pour alimenter les chaudières municipales dans la province russe. Un projet pilote est en cours d’évaluation dans une ville de la région de Kaliningrad.
Renforcement des amendes
La mode de l’écologie n’est pas seulement une question d’image pour les entreprises russes, mais aussi une question économique. « Les amendes pour non-respect des normes écologiques sont devenus très élevées », constate Sergueï Kobzev. « Aujourd’hui, investir dans le nettoyage, l’intégration de circuits fermés sur nos sites, l’alignement sur les normes écologiques, est rentable. C’est dans nos intérêts économiques. »
Au total, sur toute l’année 2018, les laboratoires de monitoring écologique déployés par les Chemins de Fer Russes ont fait économiser plus de 220 millions de roubles (3 millions d’euros) d’amendes pour violation des normes écologiques du pays.
Nouvelles locomotives
La stratégie écologique des RJD présente plusieurs axes de travail. Parmi ses objectifs en 2019, une diminution de 3% des émissions nocives de ses installations fixes (par exemple, les dépôts et les ateliers de réparation) et de celles de son matériel roulant (ses locomotives) de 8,5%, une diminution de 4% des rejets d’eaux usées, de 1,6% des émissions de gaz à effet de serre et la fermeture de six sites polluants. Enfin, les Chemins de Fer Russes se lancent eux aussi dans la lutte contre les emballages en polyéthylène, et se fixent l’objectif de diminuer leur utilisation de 4%, en particulier en remplaçant la vaisselle en plastique de ses trains de passagers par des couverts biodégradables.
L’entreprise s’attelle aussi à l’électrification de ses lignes les plus utilisées et au renouvellement de son matériel roulant. Les locomotives diesel, les plus polluantes, seront progressivement remplacées par des machines électriques. Des projets sont en cours pour développer des locomotives fonctionnant à l’aide de turbines à gaz ou de gaz naturel, qui seraient, affirme RJD, la solution la moins polluante possible, avec des rejets d’oxyde d’azote deux fois inférieures aux normes européennes, et des émissions de CO2 divisées par quatre ou cinq par rapport aux locomotives diesel. Ces nouvelles locomotives à gaz pourraient entrer en service fin 2021.

