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Alstom va faire une offre pour racheter le ferroviaire de Bombardier

Le groupe français réunira son conseil d’administration en fin de semaine pour finaliser sa proposition de rachat des activités ferroviaires de son rival canadien. Bombardier présente ses comptes jeudi et décidera ensuite s’il vend sa branche ferroviaire ou celle d’aviation d’affaires.

Alstom va faire une offre pour racheter le ferroviaire de Bombardier
C’est la dernière ligne droite pour Alstom. Le groupe français doit présenter ces jours-ci une offre à son concurrent Bombardier pour lui racheter ses activités ferroviaires, rapportent plusieurs sources proches d’Alstom. Un conseil d’administration doit se tenir en fin de semaine pour formuler une deuxième offre, ferme cette fois, dont le prix sera inférieur à celui de la première. Alstom souhaite la présenter à son rival Bombardier après qu’il aura présenté ses résultats annuels 2019, jeudi, afin d’analyser les résultats du second semestre 2019 pour affiner son offre finale.

Le fabricant du TGV discute depuis plusieurs mois avec son rival et a entamé depuis plusieurs semaines des négociations poussées. Selon nos informations, Alstom a d'abord formulé une offre non-engageante valorisant la branche transport de Bombardier à 7 milliards de dollars. Une proposition alléchante pour le canadien qui a ouvert ses comptes à Alstom en vue d’approfondir leurs négociations. Contactée, la direction d’Alstom n’a pas souhaité commenter nos informations.

Selon plusieurs sources, l'intérêt du groupe français a été tempéré par l’audit qu’il a pu mener. Certes, le carnet de commandes de Bombardier est plein : il s’élève à 35 milliards de dollars. Mais beaucoup des contrats empochés ne dégageraient qu'une faible rentabilité.

Dans ce contexte, Alstom proposerait une somme en cash à Bombardier, qui contrôle sa branche ferroviaire avec 70%. L’autre actionnaire, la puissante Caisse des Dépôts et des Placements du Québec (CDPQ), qui détient donc 30%, serait payée en actions Alstom. Et deviendrait donc actionnaire du groupe français aux côtés de Bouygues, comme l’a révélé BFM Business.


Alstom seul en lice

Reste à connaître le choix final de Bombardier. Le groupe canadien a en effet mis aux enchères ses deux principales branches, l’aviation d’affaires et le transport ferroviaire, pour purger sa dette de 9 milliards de dollars. Selon plusieurs sources, Bombardier ne discute plus qu’avec Alstom, alors que Siemens et Hitachi ont jeté l’éponge. "C’est désormais une négociation de gré-à-gré ce qui est bon signe pour Alstom" relate un bon connaisseur du dossier. La voie semble dégagée pour le groupe français même si personne ne parvient à savoir si Bombardier préférera vendre sa branche d’aviation d’affaires ou celle de transport ferroviaire.

Chez Alstom, les avis divergent. Certains estiment que Bombardier ne vendra pas sa division d’avions d’affaires qui est très implantée au Québec alors que le ferroviaire est surtout présent en Europe, notamment en Allemagne et en France. D'autres, à l’inverse, pensent que Bombardier va plutôt sortir de l’aéronautique, une industrie qui lui a déjà coûté cher et au sein de laquelle il n'est pas un acteur suffisamment puissant. Ce serait notamment la conviction du PDG d’Alstom, Henri Poupart-Lafarge. "Il estime qu’il a peu de chance de racheter la branche ferroviaire, que Bombardier préférera garder car elle a plus d’options d’alliances stratégiques", explique un de ses proches. Réalité ou posture de négociation pour baisser les enchères ?


Rôle clé de la Caisse des Dépôts


La décision sera en tout cas très politique au Québec. Bombardier doit composer avec son actionnaire la Caisse des Dépôts et des Placements du Québec (CDPQ). "Son rôle est central, explique un bon connaisseur du Québec, avec une dimension politique importante". Selon plusieurs sources, CDPQ a déjà donné son accord pour une alliance avec Alstom. Entrer à son capital permettrait de conserver et garantir l’empreinte québécoise dans le nouveau groupe. "CDPQ estime que Bombardier doit vendre sa division ferroviaire qui est peu présente au Québec et doit s’allier pour se développer alors que l’aviation d’affaires peut vivre seule" ajoute cette source. Cette activité emploie 11.000 salariés, essentiellement basés au Canada.

Côté français, tous les feux sont au vert. Le gouvernement a donné son accord de principe à une transaction et est aussi favorable à accueillir la Caisse des Dépôts du Québec. CDPQ est un investisseur bien vu en France, qui a déjà investi avec des groupes français comme Suez, Delachaux. Bercy était même prêt à la faire entrer au capital d’Engie en cas de désengagement de l’Etat.

www.bfmtv.com

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