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La SNCF et la DB préfèrent la coopération à la concurrence frontale

  • La SNCF et la DB préfèrent la coopération à la concurrence frontale

    La SNCF et la DB préfèrent la coopération à la concurrence frontale

    Dans la grande vitesse transfrontalière, la SNCF et la DB, qui coopèrent depuis 2007, ne sont pas près de se concurrencer frontalement. Les deux groupes, qui dominent le paysage en Europe avec un modèle intégré similaire, prônent l’entente raisonnée. Jusqu’à un certain point.

     

    L’entreprise ferroviaire SNCF française et son homologue allemande la DB font cause commune. Pas question de se livrer à une concurrence frontale qui serait ravageuse et perdante en termes tarifaires et financiers.

     

    Certes, dans le fret ferroviaire et la logistique, c’est la concurrence acharnée, Fret SNCF intégré à la branche SNCF Logistics et DB Cargo composante de DB Schenker, numéro un toutes catégories s’affrontent sans ménagement en Europe. Mais dans la grande vitesse transfrontalière, les deux groupes voyagent à bord du même train, c’est-à-dire sous le régime de la coopération qui avait cours avant que les textes européens permettent l’ouverture du marché.

    “Ensemble avec nos 16 millions d’usagers de l’ICE et du TGV, nous avons depuis 2007, vécu une histoire exceptionnelle“, résume Birgit Bhole, la présidente de DB Fernverkher, la division grandes lignes de la DB. Sur l’axe qui franchit le Rhin, le partenariat dure jusqu’en 2020 et rien ne permet de dire qu’il ne sera pas prolongé au-delà.

    « Le marché s’établit à 2 millions de voyageurs par an, davantage que nos dans projections et il progresse chaque année, excepté en 2016“, souligne Emmanuel Mroz, le directeur d’Alleo France, la structure commune qui exploite et commercialise les 24 trains à grande vitesse quotidiens qui circulent entre la France et l’Allemagne.

     

     

    Londres n’est plus une priorité pour les ICE de la DB

    Autre signe de la bonne entente entre DB et la SNCF, les velléités de la DB de lancer ses ICE à l’assaut d’Eurostar, filiale à 55% de la SNCF, en franchissant la Manche se sont tranformées en pacte de non agression. “Rallier Londres ne figure pas à notre programme avant cinq ans“, précise Birgit Bhole, la présidente de DB Fernverkher, car nous avons d’autres priorités“. En effet, la DB dont le président Rudiger Grube a démissionné voici plusieurs mois doit d’abord retrouver des bases solides chez elle.

     

    En revanche, par l’Ouest, la SNCF pousse ses pions sur les relations ferroviaires internationales. Le groupe SNCF poursuit son développement sur l’axe France-Benelux-Allemagne via Thalys dont la DB est sortie. Quant à Eurostar, il étend son offre vers le Benelux. En décembre, il occupera le terrain entre Londres et Amsterdam. L’avion est désigné comme la première cible, mais il s’agit aussi de contrer la DB par anticipation.

     

     

    DB-SNCF=1-0 dans le fret, mais 0-0 voire 0-1 dans la grande vitesse transfrontalière. En revanche, outre Rhin on déplore que le match ne se joue pas avec les mêmes règles sur le pan domestique. Si la SNCF via sa filiale Keolis est un concurrent de la DB sur le marché des trains régionaux allemands, en revanche la DB, via sa filiale, Arriva piaffe toujours. Les portes du marché du TER français sont toujours verrouillées à double tour et reservées au seul monopole de la SNCF.

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