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Train express régional : l’indispensable révolution

  • Train express régional : l’indispensable révolution

    Train express régional : l’indispensable révolution

    Les TER ont été promus priorité nationale par le président de la République. Mais le réseau de proximité, dont les nouveaux tarifs sont discutés aujourd’hui au conseil régional, n’est pas au mieux de sa forme.

     

     

    «Si on ne se transforme pas, on est mort. » L’aveu n’est pas anodin quand il émane du patron des Trains express régionaux (TER), proche collaborateur de Guillaume Pepy, président-directeur-général de la SNCF. Franck Lacroix a poursuivi à Strasbourg son tour de France de promotion du plan TER 2020. Mais l’heure n’est pas à l’autosatisfaction au terme d’une année 2016 plombée par les grèves, les retards, le manque de conducteurs et les accidents dont celui, lourd de conséquences, survenu à Bettembourg (Luxembourg) le 14 février dernier.

     

    La baisse de la fréquentation plombe le réseau de proximité, promu comme priorité par le président de la République. L’effort se déplace en effet de la grande vitesse vers la mobilité ferroviaire du quotidien, utilisée chaque jour par un million de voyageurs en France dont 165 000 dans le Grand Est. La première difficulté est la diminution inexorable du nombre d’usagers de 5 % depuis 2012. Le Grand Est est préservé par la baisse et affiche une hausse de 2,5 %. Cette résistance est due en partie à une ponctualité de 95 % alors qu’elle est de 90 % au niveau national. Mais cette performance honorable est à pondérer. En effet, la ligne stratégique entre Metz et Luxembourg, qui représente 40 % du trafic en Lorraine, est annoncée à 93 % de ponctualité. Les usagers contestent la sincérité de ces statistiques (lire par ailleurs).

     
    Faire du « porte à porte »
    La reconquête des voyageurs passe par la fin « de l’offre à plat pour tout le monde ». Les TER vont cibler les marchés. Trois segments ont été identifiés : les grandes lignes périurbaines (« Cities »), dont le tronçon Metz-Thionville est l’exemple emblématique, qui affiche jusqu’à six rames par heure aux périodes de pointe ; les lignes qui assurent la liaison d’une ville à l’autre (« Chrono »), telle celle qui relie Strasbourg à Mulhouse ; les petites liaisons qui irriguent le territoire (« Proxi ») où les bus connectés au système de supervision de la SNCF vont jouer un rôle important.

     

    La modernisation n’est pas une option, mais une obligation, alors que se profile l’ouverture des lignes à la concurrence en 2023. Cette dernière, lancée depuis plusieurs années en Allemagne, a entraîné une baisse de 20 % à 30 % du chiffre d’affaires de la Deutsche Bahn. Les chantiers sont importants. Celui du « porte à porte », qui prend en compte les trajets complets hors rail, est annoncé comme essentiel, comme celui du digital qui, selon Franck Lacroix, « va nous permettre de transformer notre relation avec le voyageur du TER ». Chiche !

     

    Source: Le Républicain Lorrain

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