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Fin du monopole de la SNCF : la région Paca prospecte déjà pour ses trains régionaux

  • Fin du monopole de la SNCF : la région Paca prospecte déjà pour ses trains régionaux

    La collectivité va anticiper l’ouverture à la concurrence des trains TER, prévue au plus tard en 2023, en lançant dès ce vendredi un appel d’offres «à blanc».

     

     

    La région Paca est dans les starting-blocks pour ouvrir ses trains express régionaux (TER) à la concurrence. La collectivité de Provence-Alpes-Côte d’Azur vote ce vendredi une délibération pour lancer un appel à manifestation d’intérêt pour exploiter ses trains régionaux. «Il s’agit d’une sorte d’appel d’offres à blanc, détaille Philippe Tabarot, vice-président LR chargé des transports. On veut savoir ce que des opérateurs, Transdev, Trenitalia, la Deutsch Bahn (DB) ou encore une régie comme les Chemins de fer de Provence peuvent nous proposer techniquement et en termes de moyens pour gérer une partie de notre réseau TER.»

     

     

    Concrètement, pas question encore de voir des trains estampillés Transdev ou DB circuler sur les bords de la Méditerranée à la place de la SNCF. «La loi ne nous y autorise pas, regrette l’élu. Mais on veut être prêts dès que ça sera possible.» Théoriquement, l’ouverture à la concurrence pour les TER sera obligatoire au plus tard fin 2023. Mais beaucoup de régions, notamment la Bourgogne-Franche-Comté, les Pays de la Loire, le Grand-Est et donc la Provence-Alpes-Côte d’Azur pressent le gouvernement pour qu’il promulgue une loi rapidement.

     

     

     

    Des rapports tendus depuis des mois
    Surtout, cet appel à manifestation d’intérêt est une nouvelle étape dans les rapports tendus qu’entretiennent depuis de longs mois la collectivité et la SNCF. Du Niçois Christian Estrosi, ancien président LR de la région, à son successeur, le Marseillais Renaud Muselier (LR), l’exécutif régional n’a pas cessé de dénoncer les trains en retard ou annulés pour un coût exorbitant au final. «Quand la qualité du service n’est pas au niveau de ce qu’elle devrait être compte tenu de la facture, il est normal d’entamer un bras de fer terrible avec la SNCF», a justifié Renaud Muselier lors des 26es Rencontres nationales du transport public, la semaine dernière à Marseille.

     

     

    «On n’est pas non plus dans l’état d’esprit de dégager la SNCF, tempère Philippe Tabarot. Elle peut d’ailleurs répondre à cet appel à projet.» Un discours d’apaisement au moment où les résultats de la compagnie ferroviaire en Paca se sont largement améliorés : 2,8 % de trains annulés contre 9 % l’année dernière et un trafic en hausse de 8 % pour les abonnements et de 10 % sur les billets uniques. Reste à savoir quels opérateurs seront intéressés par cet appel à projet qui n’aboutira pas et pour lequel la région a prévu un budget de 300 000 euros afin d’indemniser les participants.

     

     

    «On ne peut que saluer la volonté de la région d’avancer dans le projet d’ouverture à la concurrence, indique Transdev. Il nous tarde d’en connaître les modalités pratiques.» Quant à la SNCF, Frank Lacroix, directeur général de TER, a donné un premier élément de réponse lors des Rencontres nationales du transport public : «Face à la concurrence, nous ne sommes pas dans une posture de repli sur soi. Au contraire, on étudiera chaque projet.»

     

     

     

    Source : Le Parisien

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