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Spacetrain : un train du futur à 720 km/h bientôt à l’essai

  • Spacetrain : un train du futur à 720 km/h bientôt à l’essai

    Spacetrain : un train du futur à 720 km/h bientôt à l’essai

    Imaginez un peu. Vous partez de la gare du Havre (Normandie) et arrivez à Paris 30 minutes plus tard, au lieu des plus de 2h de trajet actuels. Depuis la capitale française en direction d’Orléans (Centre-Val de Loire) ? Le trajet se ferait en 13 minutes, et non plus 1h10 !

     

    C’est la promesse de la société Spacetrain, filiale de la start-up parisienne Jacques Vaucanson. Créée en 2017, l’entreprise a pour ambition de proposer « une offre de transport qui allie vitesse, sécurité, fiabilité et écologie », dixit le président-directeur général (PDG) et fondateur, Émeuric Gleizes.

     

    Avec une vitesse moyenne de 540 km/h environ et des pointes à 720 km/h (400 km/h de plus que le TGV), le Spacetrain pourrait bien être une solution qui répond aux problématiques de déplacement en France.

     
    Trajets de 400 km maximum
    La start-up a pour intention de développer ce transport là où le TGV n’est pas implanté (ou dans les régions sans ligne à grande vitesse).

    On se dirige vers des lignes qui n’excéderont pas 400 km. Pour la simple raison que le Spacetrain a une autonomie limitée de 600 km environ vu qu’il transportera directement l’énergie dont il aura besoin.

     

    Une contrainte technique qui se transforme en atout stratégique. Les dessertes imaginées par la société sont nombreuses. Paris – Le Havre, Paris – Caen, Paris – Orléans, Paris – Clermont-Ferrand, Clermont-Ferrand – Lyon, Montpellier – Toulouse, etc. Toutes ces grandes villes françaises qui ne sont pas trop éloignées l’une de l’autre.

     

    Quant à la capacité d’accueil, l’entreprise parle de 60, 150 ou 250 passagers ; ou de 20 à 30 containers de marchandises légères, type courrier postal. À titre de comparaison, le TGV compte jusqu’à 510 places.

     

     

    Les technologies de Spacetrain
    S’il se concrétise, ce transport futuriste circulera sur un rail surélevé à 6 mètres de hauteur, en forme de T inversé. Le Spacetrain mise sur le principe de lévitation sur coussins d’air, permettant à la machine d’être surélevée de 2 mm par rapport au rail. Donc, presque aucun frottement, ce qui limite à la fois l’usure du rail et ne freine pas le Spacetrain dans sa lancée. Un principe un peu similaire au train japonais Maglev, à la différence que ce dernier utilise des électroaimants pour faire léviter la machine.
    Quant à la source de propulsion du Spacetrain, les ingénieurs français misent sur des moteurs à induction linéaire (donc électriques) alimentés par des batteries au graphène et des piles à combustible à hydrogène.

     

     

    8 millions d’euros le kilomètre
    Autre argument avancé par Émeuric Gleizes : le coût des futures lignes.

    Le coût moyen de la construction de nos lignes se situerait autour de 8 millions d’euros par kilomètre, ce qui est beaucoup moins cher qu’une ligne TGV qui est autour des 25 millions d’euros par kilomètre (SNCF Réseau n’a pas été en mesure de nous confirmer ce chiffre, ndlr). C’est pour cela qu’il n’y a pas de lignes TGV sur de trop courtes distances, elles ne seraient pas rentable. Alors que nous, nous pourrons le faire.

     

    À quel prix ?
    Le prix est surtout le nerf de la guerre. Sur ce point, le PDG de la start-up est catégorique.

    Notre objectif est de proposer un transport rapide et propre, dont le tarif sera intéressant pour les usagers. Nous n’avons aucun intérêt à faire du Spacetrain un transport élitiste !
    Ainsi, l’entreprise a fait des simulations commerciales. Grâce au coût de construction moins élevé, elle pourrait rentabiliser ses lignes en seulement 30 ans. Ce qui lui permettrait, sur le trajet Paris – Orléans, de promettre des tarifs équivalents à ce qui se fait actuellement, entre 8 euros et 20 euros le trajet.

     

    Peu de bruit et pas de CO2
    Sur le papier, Spacetrain présente donc beaucoup d’avantages.

     

    Les rails surélevés permettent par exemple d’économiser du foncier. Ainsi, l’entreprise n’est pas obligée de racheter les terres que traversent ses rails, elle les loue simplement. Et dans le cas d’une surface agricole, l’exploitant pourrait même continuer ses cultures.

     

    « Il n’y a pas d’animal qui traverse les voies, les suicides ne seront pas possibles », plaide Émeuric Gleizes.

     

    L’avantage de la sustentation se situe aussi au niveau du bruit. Même à près de 720 km/h, le son émis par le passage du train sera considérablement réduit par le fait qu’il ne frotte pas sur les rails.

     

    En outre, exit le CO2 ou les particules fines émises pendant le transport (mais pas pendant la conception ni même la production des sources d’énergie). À ce titre, le patron de Spacetrain formule un engagement.

     

    On cherchera à utiliser de l’hydrogène vert, bio. On travaille aussi pour produire les batteries les moins polluantes possible. Pour moi, c’est l’avenir. Ce projet est viable sur le plan écologique.
    Prototype à l’échelle 1/2
    Aujourd’hui, la société jure qu’elle a établi de nombreuses discussions avec les Régions Normandie et Centre-Val de Loire, ainsi que Rhône-Alpes dans une moindre mesure. Ces collectivités sont forcément à l’écoute des nouvelles mobilités de demain.

     

    D’autant que le trafic ferroviaire français sera dès 2020 ouvert à la concurrence, signant ainsi la fin d’un monopole de plus de 80 ans de la SNCF.

     

     

    Dans ce contexte, l’entreprise mise sur un calendrier ambitieux. Le premier prototype de la machine, à échelle un demi (15 mètres de long), doit être prêt à la fin du mois de mars 2019. Des tests seront ensuite alors réalisés sur un rail de 70 m en laboratoire, en toute confidentialité. Objectif : tester la technologie des coussins d’air et les deux moteurs, notamment les batteries au graphène, technologie très récente.

     

    Spacetrain souhaite d’ailleurs exposer sa machine à échelle un demi lors du Salon du Bourget à la Cité des Sciences (Paris) du 17 au 23 juin 2019.

     

     

    Une mise sur le marché prévue en 2025
    Ensuite, la start-up a pour ambition de tester en 2020 un prototype à échelle réelle sur les rails en béton en forme de T inversé, qui font 18 km de long et qui se dressent en plein milieu de la Beauce, visibles depuis l’A19 près d’Orléans. Ce sont les vestiges du grand frère du Spacetrain, l’Aérotrain de Jean Bertin, dont cette nouvelle version est présentée comme le digne successeur.

     

    Enfin, une mise sur le marché en 2025 est prévue. Ce qui n’effraie pas le PDG.

    À cette date, on estime qu’on aura fini toute la partie recherche et développement et qu’on aura validé nos technologies. On pourra donc commencer à commercialiser le Spacetrain. On pourrait même commencer à construire des lignes.
    Beaucoup d’obstacles restent à lever
    Les promesses de ce projet sont nombreuses. Mais elles ne doivent pas nous faire oublier que c’était aussi le cas de l’Aérotrain. Ce dernier était en concurrence avec le TGV dans les années 1970 et on connaît la fin de l’histoire. L’Aérotrain, qui avait battu des records de vitesse (430,2 km/h en 1974, battu en 1992 seulement), avait été soudainement enterré quand les décideurs politiques ont opté pour le TGV quelques mois plus tard.
    Le même destin se profile-t-il à l’horizon du Spacetrain ? La vingtaine de personnes qui travaille sur ce projet, dont 15 ingénieurs, fait le pari que non.

     

    Émeuric Gleizes sait qu’un long chemin reste encore à parcourir, que de nombreuses personnes doivent être convaincues et que les technologies brevetées valides sur le plan théorique doivent être confirmées à grande échelle. Mais ça ne l’empêche pas de rêver.

     

    Source: Actu

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