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Gare du Nord : dans les coulisses d’un projet monstre

  • Gare du Nord : dans les coulisses d’un projet monstre

    Gare du Nord : dans les coulisses d’un projet monstre

    Congestionnée, sale, anxiogène : la gare la plus fréquentée d’Europe veut en finir avec cette image déplorable et faire la nique à Saint Pancras. Son gigantesque projet d’agrandissement est l’occasion de se souvenir que, depuis 170 ans, la gare du Nord écrit des pages de la vie des Parisiens.

     

    D’abord il y a le bruit. Sourd, régulier, presque obsédant. Un bruit de mer qui gronde. Ensuite il y a la foule, immense et grise, qui se déverse en vagues incessantes. Il faut observer la gare du Nord se remplir, puis étouffer comme un poumon en manque d’air, expirant, mais saturant aussitôt. C’est fascinant. À subir, sans doute moins : chaque jour, 750 000 voyageurs traversent cette gare sans la voir, sans se voir.

     

     

    Qu’ils empruntent l’Eurostar, le Thalys, le TGV, le RER ou le métro, plus de 210 millions de voyageurs transitent chaque année par l’immense bâtiment engoncé dans le Xe arrondissement de Paris. Plus de trois fois la population française. Première gare d’Europe (encadré p. 30), la gare du Nord fascine. Peu de lieux au monde font se croiser des populations aussi hétérogènes : banquiers de la City et eurocrates pressés de l’Eurostar et du Thalys, employés venus de la grande banlieue pour travailler à Paris centre, jeunes du 9-3, femmes harassées courant de RER en métro pour arriver à temps à la crèche, après deux heures de transport étouffant dans des rames surpeuplées… Ecrivains et cinéastes ont plongé dans ses entrailles pour y lire les maux du siècle, comme les aruspices devinaient l’avenir dans les viscères des animaux.

     

     

    Anticiper l’augmentation du trafic

    Il faut se mêler à la foule, parcourir les allées rénovées, les galeries commerciales plus ou moins proprettes, s’asseoir dans le lodge flambant neuf de l’Eurostar, plonger dans le dédale des escalators qui s’enfoncent vers le RER, longer des couloirs saturés de vapeurs d’urine et encombrés de détritus, pour comprendre la complexité et la singularité de cette gare qui s’apprête – encore une fois -, à connaître une rénovation d’ampleur .

     

    D’ici à 2024, la SNCF et Ceetrus (la foncière du groupe Auchan) vont tripler la superficie des espaces voyageurs , de 36 000 à 110 000 m2. Un exploit dans cet environnement urbain particulièrement dense. Plus de 600 millions d’euros d’équipements nouveaux et de rénovations sont prévus pour affronter l’augmentation du trafic : la SNCF anticipe environ 800 000 voyageurs quotidiens en 2024 et près de 900 000 en 2030, contre 700 000 à l’heure actuelle.

     

     

    Un melting-pot depuis les origines
    Ce coup de jeune vise à redorer le blason d’une gare à la réputation désastreuse : sale, anxiogène, structurellement encombrée et difficilement accessible – un concentré de tous les défauts du ferroviaire national. Dommage car elle est la porte d’entrée en France de millions d’étrangers, venus du nord du continent (Royaume-Uni, Belgique, Pays-Bas, Allemagne rhénane). « C’est l’Europe qui débarque dans la cour des Miracles. La gare du Nord est un melting-pot depuis ses débuts. Et pendant longtemps elle a été considérée comme la gare de la drogue, des Hollandais laxistes, mais aussi la gare de la Prusse avec cette idée que rien de bon ne nous était arrivé par-là », s’emporte l’historien des gares Clive Lamming, grand amoureux de l’édifice.

     

    Source:  Les Echos

     

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