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Vols, dégradations, sabotages : comment la SNCF lutte contre la malveillance

  • Vols, dégradations, sabotages : comment la SNCF lutte contre la malveillance

    Vols, dégradations, sabotages : comment la SNCF lutte contre la malveillance

    En période de vacances d’été, les retards ferroviaires sont la bête noire des usagers.

    Sabotage délibéré ou hasard malvenu : pas de grande différence pour les 173 passagers du TGV Paris – La Rochelle qui a percuté, dimanche soir, une plaque de béton, au niveau de Surgères, en Charente-Maritime. Le résultat est le même : une trentaine de minutes de retard, une rame endommagée et une petite frayeur. En période estivale, pour chaque incident sur le réseau ferré, délibéré ou non, les conséquences sont décuplées. La SNCF Réseau, branche responsable de la gestion du réseau, organise la lutte. Objectif : lutter contre les actes de malveillance et assurer la bonne circulation des trains, surtout en période estivale.

     

     

    Une équipe dédiée à la surveillance 
    Les incidents liés à la présence d’objets sur les voies sont récurrents et représentent un immense défi pour la SNCF. 2014 et 2015 ont été des années de travaux et de tests dans la lutte contre les retards. 2016 et 2017 sont donc celles des mises en service. Et la SNCF entend réussir son pari : la société de transports s’est dotée d’une équipe de 45 personnes, exclusivement dédiée à la surveillance et à la maintenance du réseau.
    « Nous sommes confrontés à des vols de métaux et surtout à des actes de malveillance concernant des dépôts d’objets sur les rails. 60 % des retards de trains sont provoqués par des intrusions », assure Nicolas Faugeroux, responsable sûreté chez SNCF Réseau.

     

     

     

    Des drones à la rescousse
    La SNCF Réseau dispose de plusieurs outils. Les plus récents, et les plus innovants, sont volants. La filiale a effectué son premier vol de drone de surveillance en novembre 2013. « Le drone, équipé de deux appareils photos, un grand angle et une autre haute résolution, prend des images haute définition de l’ouvrage, sans que la circulation des trains ne soit interrompue », expliquait alors Jean-Jacques Thomas, responsable Innovation et Recherche à SNCF Infra.
    Plusieurs types de drones sont actuellement déployés sur les 30 000 kilomètres de lignes à grande vitesse (LGV) françaises, dépendant de plus de 3000 gares et points d’arrêts. Le DT26 est un mini-drone de longue endurance. Il ne pèse que 13 kilos et peut voler pendant deux heures, jusqu’à 10 kilomètres autour de sa station de pilotage. Le Black Hornet Nano est lui un drone miniature qui ne pèse que 16 grammes. Il est principalement dédié à la surveillance des vols de métaux sur les caténaires et aux vols dans les infrastructures SCNF.
    La SNCF dispose également d’autogires. Proche du drone, cet engin ressemble davantage à un mini-hélicoptère puisqu’il est dirigé de l’intérieur par un pilote. Equipés d’une caméra gyrostabilisée (stabilisée par des gyroscopes qui corrigent les défauts d’inclinaisons) et thermique (qui enregistre les ondes de chaleur émises émis par les corps), ils peuvent filmer, enregistrer et transmettre des images de manière quasi-instantanée. Chacun des trois appareils coûte 92 000 euros. A 150 euros par heure de vol, il reste tout de même beaucoup moins cher que l’hélicoptère, qui coûte 3200 euros pour le même temps d’utilisation. « C’est un moyen ultra compétitif de surveillance de nos infrastructures », explique Nicolas Faugeroux.

     

     

     

    Un train nocturne équipé de 12 caméras HD
    Avant le déploiement, en 2016, de drones, les contrôles s’effectuaient via une sorte de train-travaux qui circulait sur les voies la nuit, lorsque les TGV n’étaient pas en service : le train Surveille. Cette locomotive grise et orange est toujours en circulation, en complément des drones. A l’intérieur, des images captées en temps réel défilent sur trois écrans d’ordinateurs. Elles permettent de vérifier que les rails sont bien fixés, qu’aucun obstacle ne se trouve sur les voies et que les éclisses, ces pièces métalliques qui servent à raccorder deux rails, sont en bon état.
    « Quand une anomalie est détectée, elle est accompagnée d’un appel immédiat pour commander une intervention sur la voie dans les plus brefs délais afin de procéder à la réparation », explique 
Lionel Verdier, expert maintenance à la SNCF. Il permet d’inspecter 80 km de voies en une heure, grâce à ses 12 caméras HD installés sur la calandre de la locomotive.
    Plus de 25 000 caméras quadrillent enfin le réseau ferroviaire français, principalement pour lutter contre des actes de malveillance (vols de cuivre, dégradation). La direction de la sûreté de la SNCF mène, en parallèle, des actions de sensibilisation auprès des agents, afin que chaque incidens de malveillance soit signalé de manière systématique.

     

     

    Source: Le Parisien

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