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TGV, «Queen Mary II» : Alstom, fleuron de l’industrie tricolore depuis 1928

  • TGV, «Queen Mary II» : Alstom, fleuron de l’industrie tricolore depuis 1928

    TGV, «Queen Mary II» : Alstom, fleuron de l’industrie tricolore depuis 1928

    L’allemand Siemens est sur le point de se rapprocher avec Alstom. Ce groupe né en Alsace a réalisé des projets majeurs de l’industrie française, tels que le TGV ou le paquebot «Queen Mary II».

     

     

     

    Née d’une union entre Alsaciens et Américains 

    Als-Thom est né en 1928 de la fusion de la Société alsacienne de constructions mécaniques (SACM), spécialisée dans les locomotives, basée à Mulhouse puis Belfort, et de la Compagnie française pour l’exploitation des procédés Thomson Houston (CFTH), une société franco-américaine construisant des équipements ferroviaires.

     

     

    En 1932, elle livre les moteurs du paquebot «Normandie», les plus grands jamais construits. Trois décennies plus tard, la Compagnie générale d’électricité (CGE) absorbe Als-Thom et développe des filiales spécialisées. Dans les années 1970, l’entité rebaptisée Alsthom acquiert les Chantiers de l’Atlantique, qui deviennent Alsthom Atlantique. C’est aussi à cette époque que l’entreprise développe, avec la SNCF, le premier «Turbotrain à Grande Vitesse» (TGV), avant sa mise en service en 1981 sur le tronçon Paris-Lyon.

     

    1982 marque un tournant. La CGE, maison-mère d’Alsthom, est nationalisée peu après l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand. Ce qui n’empêchera pas le géant français de mettre la main quelques années plus tard sur le britannique GEC Power Systems (électronique), en 1989. Cette fusion donne naissance à GEC Alsthom. Dans les années 1990, le groupe est donc présent dans de très nombreux secteurs, comme les télécoms (Alcatel) et l’électronique de défense (GEC), en plus de ses activités traditionnelles.

     

    En 1998, GEC Alsthom entre en Bourse. Le groupe est séparé en deux entités qui se recentrent sur leurs métiers de base. Alstom (sans “h”, plus lisible à l’international) devient indépendant d’Alcatel Alsthom (télécoms) . Alstom achète Fiat Ferroviaria en 2000, après avoir vendu son activité turbines à gaz à l’américain General Electric.

     

    Après l’euphorie boursière vient le temps des difficultés. En 2003, Alstom connaît une grave crise financière, qui demande l’intervention de l’Etat. Alstom cède des pans du groupe à Areva et à Barclays Private Equity, puis se sépare de ses activités navales, revendues au norvégien Aker Yards en 2006, lui-même racheté par les sud-coréens de STX en 2010.

     

     

     

    La branche énergie vendue en 2014 à General Electric
    L’opération la plus spectaculaire se concrétise en 2014, avec le vente de sa branche énergie à General Electric, pour un montant de 12 milliards de d’euros. Siemens, déjà, était sur les rangs. L’opération est validée par le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron. Deux ans plus tard, General Electric annonce la suppression de 6500 emplois en Europe, dont 765 en France.
    Avec cette cession, Alstom perd 30% de son chiffre d’affaires. Le groupe se recentre sur le secteur des transports.

     

    Mais la faiblesse des commandes met en péril le site historique de Belfort, où travaillent plus de 400 personnes. Le Premier ministre Manuel Valls intervient alors pour commander une vingtaine de nouveaux TGV et 20 locomotives diesel pour maintenir l’activité. Depuis, le PDG Henri Poupart-Lafarge est parvenu à rafler d’importants marchés ferroviaires à l’international.

     
    Le rapprochement avec Siemens est désormais sur les rails. Mais dans les usines de Belfort et Reichshoffen (Recherche et Développement), les représentants syndicaux sont inquiets. «Il y a des fabrications identiques en France et en Allemagne, il y aura des doublons et il ne faut pas se leurrer, il y aura des suppressions de postes des deux côtés », craint Olivier Kohler (CFDT), interrogé par «Les Echos».

     

     

     

     

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