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SNCF : Pépy mise sur la logistique et les alliances

  • SNCF : Pépy mise sur la logistique et les alliances

    SNCF : Pépy mise sur la logistique et les alliances

    A quelques mois de l’ouverture à la concurrence, la SNCF peaufine un projet de groupe placé sous le signe de l’ouverture tous azimuts et d’un ré-équilibrage entre transport de personnes et de marchandises.
    L’alliance conclue fin août avec le champion du co-voiturage longue distance BlaBlaCar, la RATP et Transdev n’est sans doute que la première étape sur le chemin de l’ouverture désormais prônée par le président de SNCF Mobilités. Ouverture au client, à la société, à l’international, à la concurrence, à l’innovation et aux autres activités du groupe pour une meilleure performance transverse.

     

    « Nous devons regarder toutes les solutions de mobilité avec intérêt et bienveillance, y compris celles qui peuvent apparaître comme concurrentes du train telles que BlaBlaCar », a insisté Guillaume Pépy ce 3 octobre lors d’une présentation à la presse du projet de groupe.
    Cette bienveillance à l’égard des nouvelles formes de mobilité se justifie pour faire face à un ennemi commun : l’autosolisme. Autrement dit, l’usage individuel de la voiture particulière. « Nous sommes dans la même famille de transports partagés », insiste encore Guillaume Pépy. D’où la signature de ce protocole d’accord avec RATP, BlaBlaCar et Transdev, pour créer un entrepôt commun regroupant les données des trois opérateurs plutôt que de laisser Google ou un autre les utiliser à son gré. Car les GAFA sont l’autre ennemi qu’ont en commun la SNCF et les acteurs des nouvelles mobilités.

     

     

    Créer le premier assistant personnel de mobilité au monde
    Mais pour les contrer, le groupe travaille sur un projet plus ambitieux : un assistant personnel de mobilité conçu sur le modèle encore émergent de la « mobility as a service ». Ce dernier doit permettre à partir d’une seule et même application de planifier, réserver, payer et éditer son titre de transport (plan, book, pay, ticket). S’il en existe déjà des briques aux Pays-Bas, en Suisse ou en Finlande, la solution globale n’existe pas encore et la SNCF ambitionne d’être la première à la proposer.

    « Nous ne partons pas de rien, rappelle Guillaume Pépy. Notre application génère déjà 25 millions de visiteurs uniques par mois. »
    L’autosolisme, rappelle le président de SNCF Mobilités, va à l’encontre de l’urgence climatique, engendre des coûts de pollution et génère de la thrombose dans les rues et sur les routes.

     

    Pour en sortir, affirme Guillaume Pépy, « il faut s’inspirer de la logistique, qui pratique le porte-à-porte et la personnalisation, propose un service industriel à moindre coût et présente une bonne empreinte écologique. »

     

     
    Passer de la neuvième à la cinquième position dans la logistique
    Passée de 10 à 33% du chiffre d’affaires en 15 ans, l’activité logistique pèse aujourd’hui 10 milliards d’euros et emploie 50.000 personnes (sur un effectif total de 156.000 salariés), ce qui fait de la SNCF le 9e acteur mondial. Le groupe n’entend pas en rester là, et vise une place dans le top 5 mondial, et un chiffre d’affaires de 15 à 17 milliards, à quasi-parité avec l’activité voyageurs. Les cycles économiques sur les deux activités étant complémentaires, cela fait sens de les équilibrer.

    « Aujourd’hui, nous ne sommes présents que dans 120 pays », regrette Mathias Vicherat, directeur général adjoint.
    Cela ne colle pas aux besoins des gros clients internationaux.  Certes, le fret ferroviaire en tant que tel souffre, et pas seulement en France. « Face à la route, il n’existe pas de modèle économique en Europe », déplore Guillaume Pépy, qui appelle de ses vœux une taxe carbone et une re-régulation du secteur routier. Mais la logistique ne se limite pas au fret, et c’est une activité très rentable à l’international. La SNCF, qui a déjà acquis il y a quelques mois le suisse BSL Cargo, mise sur de nouvelles acquisitions pour changer d’échelle. L’objectif serait de créer 200 à 250 millions d’euros de synergies. Jusqu’à présent ses discussions n’ont pas abouti.

     

     

     

    Ré-inventer les métiers de plus de 150.000 salariés
    Reste néanmoins un point sur lequel stratégie d’ouverture, innovation et changement de braquet dans la logistique n’y changeront guère : l’enjeu essentiel de la transformation des métiers. Un enjeu dont Guillaume Pépy a parfaitement conscience. D’autant plus qu’il anticipe une mise en œuvre plutôt  rapide de l’ouverture à la concurrence. Jean-Cyril Spinetta (qui s’est vu confier par le gouvernement une mission sur le sujet) doit rendre sa copie début 2018, et après vote de la loi et appels d’offres, cela pourrait devenir concret dès le début de 2020. En région, les salariés, eux, s’inquiètent déjà de pouvoir être transférés d’autorité chez les opérateurs privés qui auraient remporté les appels d’offres…

     

     

    Source: La Tribune

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