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[Simulation] Comment The Cosmo Company aiguille les industriels dans la complexité

  • [Simulation] Comment The Cosmo Company aiguille les industriels dans la complexité

    [Simulation] Comment The Cosmo Company aiguille les industriels dans la complexité

    The Cosmo Company ne compte qu’une dizaine de clients… mais pas n’importe lesquels.  Veolia, SNCF, EDF, Total, Alstom ou encore RTE et ERDF lui font déjà confiance. Fondée en 2010 par Michel Morvan, Eric Boix et Hugues de Bantel, la pépite lyonnaise a su tirer son épingle du jeu grâce à son aptitude à modéliser et simuler des systèmes complexes. La start-up est née des recherches menées par Michel Morvan, ancien professeur à l’ENS de Lyon et fondateur de l’institut rhônalpin des systèmes complexes, sur les mécanismes de pandémie. « Au sein de l’institut, Michel Morvan a développé un langage spécifique pour adresser le développement des pandémies. Il a ensuite tiré le constat que ce langage de représentation pouvait être appliqué à plein d’autres sujets car la complexité est partout, notamment dans le développement urbain et les grands réseaux », raconte Hugues de Bantel.

     

     

     

    Les bonnes décisions grâce à la simulation

     

    L’expertise scientifique et technologique de The Cosmo permet, en effet, de décrire mathématiquement les couplages dynamiques entre les différents sous-éléments d’un système et de les simuler dans le temps, jusqu’à 25 ou 30 ans. « Nos logiciels visent à apporter de la clarté aux problématiques les plus complexes qui touchent l’industrie », fait valoir Hugues de Bantel. La promesse de la start-up ? Permettre aux dirigeants d’entreprise de prendre les bonnes décisions, grâce au jeu de la simulation.

     

     

     

    Casser les silos pour une maintenance optimisée

     

    La start-up a ainsi développé pour RTE, le réseau de transport d’électricité, un logiciel qui permet d’optimiser les investissements et les opérations de maintenance des infrastructures. Une activité qui représente un budget annuel de 850 millions d’euros chez le gestionnaire du réseau. « Aujourd’hui, les industriels sont confrontés au mur des investissements. Leurs investissements engagés il y a une trentaine d’années arrivent au moment où énormément de composants doivent être changés. Or, il faudrait qu’ils doublent leur budget annuel pour renouveler l’ensemble de l’infrastructure. Ils doivent donc lisser leurs investissements, en prioriser certains et en retarder d’autres », expose l’entrepreneur. Le logiciel AIO (pour asset investment optimisation) permet donc de prendre en compte différents actifs et de les simuler pour détecter de possibles effets en cascade et de comprendre l’impact d’une décision prise sur un actif, sur l’autre. « Notre approche systémique permet d’augmenter l’intuition des experts et de casser les silos au sein d’un groupe pour prendre des décisions optimales », assure le cofondateur.

     

     

     

    Cap sur l’international

     

    Le point fort de The Cosmo Company ? Sa capacité à décliner ce logiciel pour tous les opérateurs gérant des systèmes complexes (réseaux ferroviaires, gestion de l’eau, du gaz etc.) En 2017, la start-up entend doubler son chiffre d’affaires pour avoisiner les 7 millions d’euros de revenus, en mettant notamment l’accent sur l’international. The Cosmo Company est ainsi entré en discussions avec des acteurs comme National Grid au Royaume-Uni et Exelon et American Pacific aux Etats-Unis. Pour accélérer son déploiement en dehors des frontières, la pépite mise notamment sur un réseau de partenaires, comme IBM, EY, Bearing Point et CGI Consulting, pour l’intégration de ses solutions.

     

     

     

    Assurer la résilience des réseaux

     

    Autres axes de développement : la commercialisation, sous licence, de logiciels permettant d’adresser d’autres problématiques. Toujours grâce à son approche systémique, la pépite a pu développer le logiciel Fluid, qui permet de rendre résilient un réseau de production et de distribution d’eau, en favorisant la prise de décisions optimales dans le cas d’une gestion de crise. Pour Alstom, la start-up a aussi mis au point une solution d’optimisation de la performance du système énergétique de trains urbains. « Ce  sont potentiellement 250 acteurs dans le monde qui peuvent être intéressés par cette solution », garantie Hugues de Bantel.

     

     

     

    Un pied dans le monde de la finance

     

    A plus long terme, la start-up entend également répondre aux besoins du monde de la finance. Son constat : les modèles quantitatifs de gestion des actifs dans la finance sont basés sur des corrélations et ont atteint leur limite. « Une approche basée sur les causalités permettrait une meilleure compréhension du système et d’anticiper un certain nombre d’événements. L’idée serait d’avoir une sorte d’index de risque sur un certain nombre de modèles financiers existants », détaille le spécialiste. D’ici là, The Cosmo Company aspire à devenir le leader mondial du management de la décision pour les systèmes complexes. Pour atteindre cet objectif ambitieux, elle pourrait finaliser une deuxième levée de fonds dans les mois à venir

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