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Quatre choses à savoir au sujet des « radars » testés par la SNCF aux abords des passages à niveau

  • Quatre choses à savoir au sujet des « radars » testés par la SNCF aux abords des passages à niveau

    Quatre choses à savoir au sujet des « radars » testés par la SNCF aux abords des passages à niveau

    Mermec Group, Honeywell et IHI fabriquent les trois dispositifs de détection d’obstacles à hauteur des passages à niveau qui sont actuellement testés par la SNCF. Reste à savoir quand le dispositif va être déployé et finalement, dans quel but?

     

     

    Guillaume Pepy, a annoncé la mesure en début de semaine dernière, pour tenter d’apaiser la crise à la SNCF. La compagnie ferroviaire expérimente un système de radars qui détecte les véhicules arrêtés sur les rails. Un dispositif de test mis en place quelques semaines après la collision mortelle survenue entre un TER et un car scolaire à Millas (Pyrénées-Orientales) à l’emplacement d’un passage à niveau. En quoi consiste ce matériel ? Comment fonctionne-t-il ? Quelles technologies sont utilisées ? Et quel est l’objectif poursuivi par la SNCF ? Voici les quatre points à connaître à propos des radars testés par la SNCF.

     

     

     

    1- A quoi Guillaume Pepy faisait-il référence lorsqu’il parlait de ces « radars »?

    Tout d’abord il ne s’agit pas de « radars » à proprement parler, type les radars routiers installés aux abords de certains passages à niveau, par l’Etat, et mis en place afin de flasher les conducteurs qui les franchissent. Ceux-ci même doivent être renforcés et multipliés selon le président du directoire de la SNCF. La SNCF Réseau précise, en outre, les propos de Guillaume Pepy qui évoquait en réalité l’installation de détecteurs d’obstacles sur les voies. Ils ont principalement deux fonctions : identifier quand un train est présent dans la zone concernée, et arrêter le train, le cas échéant, lors de la présence d’un obstacle sur les voies.

     

     

     

    2- Quand va-t-on voir arriver le dispositif sur le réseau ferré?

    Pour l’heure, seuls six appareils de détection d’obstacle sont en cours d’expérimentation : deux en Rhône-Alpes, deux en Normandie, et deux en Ile-de-France, dont un est testé sur un site expérimental de la SNCF, selon la SNCF Réseau. La société publique espère pouvoir étendre le dispositif à l’ensemble du réseau, si les essais sont concluants. Mais aucun calendrier n’est pour l’heure défini.

     

     

     

    3- Quel type de matériel est utilisé?

    Selon la SNCF, trois fournisseurs sont sélectionnés pour la phase d’expérimentation du dispositif qui pourrait être mis en place aux abords des passages à niveau français. Pour le moment, aucune indication n’a été fournie quant à savoir si la SNCF aura recours aux trois fabricants en cas de tests concluants, notamment pour les diverses typologies de passages à niveau. Ou s’il y aura une sélection, basée sur des critères objectifs. Le dispositif semble n’en être qu’à l’état de projet.

     

    S’agissant du premier fournisseur, l’Italien Mermec Group fabrique un détecteur d’obstacle pour les passages à niveau baptisé LOD. « Il balaie la zone de passage immédiatement après que les barrières soient fermées pour détecter la présence de tout obstacle pouvant potentiellement causer un accident, et c’est seulement si la zone est libre, que la signalisation est alors permise et les trains peuvent passer en toute sécurité au passage à niveau », explique Mermec Group.

     

    De son côté, Honeywell commercialise un « Radar Scanner », un capteur de radiofréquence qui surveille l’intersection et détecte les obstacles. Il « fournit une solution certifiée ‘Sécurité Intégrité de Niveau 3’ pour améliorer la sécurité aux passages à niveau », explique le groupe américain. Quant au produit du groupe japonais IHI, le « 3D Laser Radar » est également un système de détection d’obstacles aux passages à niveau, capable de détecter « plusieurs obstacles simultanément et en temps réel, indépendamment de l’éclairage environnant et des conditions météorologiques ».

     

     

     

    4- Quel est l’objectif poursuivi derrière une telle annonce?

    Pour la SNCF, l’enjeu est de taille. Avec les quelque 15 000 passages à niveau essaimés sur l’ensemble du territoire national, le déploiement d’une sécurité renforcée semble opportun. Ce d’autant que les supprimer, bonnement et simplement, représenterait un coût de 3 à 15 millions d’euros partagés entre la SNCF, l’Etat et les collectivités, souligne la SNCF Réseau. Et de préciser que 98% des accidents qui surviennent à hauteur des passages à niveau sont dus aux usagers de la route.

    Toutefois, en-dehors des incidences financières, le rôle de ces détecteurs d’obstacle reste un effet d’annonce de la bonne volonté de la société de transport ferroviaire face à un fait d’hiver dramatique comme celui de Millas. En effet, dans cette histoire, un détecteur d’obstacle aurait été inopérant, puisque les deux véhicules, train et car, sont arrivés en même temps au passage à niveau. Un état de fait que la SNCF soulève depuis le début de l’enquête sur cet accident.

     

     

    Source: L’Usine Nouvelle

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