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Privatisation : le train anglais fait marche-arrière

  • Privatisation : le train anglais fait marche-arrière

    Privatisation : le train anglais fait marche-arrière

    Certaines lignes ferroviaires britanniques déficitaires vont repasser sous contrôle de l’Etat : Virgin Trains East Coast perd en effet le marché qu’il exploitait sur 632 km depuis 2015.

     
    Alors que la législation européenne oblige la France à ouvrir à la concurrence son réseau de chemins de fer au plus tard en décembre 2019, les Britanniques font un pas dans l’autre sens. Le rail anglais a été privatisé en 1994. Mais devant les difficultés rencontrées, un premier contrat avec une entreprise privée prend fin plus tôt que prévu : il s’agit de celui de Virgin East Coast Railway, qui exploite plusieurs lignes extrêmement fréquentées longeant la côte Est, du pays entre Londres et Édimbourg, et desservant plusieurs villes anglaises historiques (York, Leeds, Durham, Newcastle…).

     

    Ces lignes, longues de 632 kilomètres au total, repassent sous la bannière de l’État, sous le nom de “London and North Eastern Railway”. Mi-mai, le gouvernement avait annoncé qu’il allait reprendre sous son égide ces lignes, face à l’incapacité de l’entreprise exploitante à rentrer dans ses frais.
    La privatisation de l’exploitation des chemins de fer a été réalisée au milieu des années 1990 au Royaume-Uni, sous le gouvernement conservateur de John Major. Ses résultats sont très controversés, les travaillistes et les syndicats mettant en avant les surcoûts, retards et dysfonctionnements liés au saucissonnage de l’exploitation en une multitude de compagnies privées.

     

     

    La refonte des horaires crée le chaos
    Le directeur général de la compagnie ferroviaire britannique Govia Thameslink Railway (GTR) a annoncé sa démission ce vendredi, sur fond de chaos provoqué par une refonte des horaires des trains.
    Dans un communiqué, Charles Horton a reconnu la “frustration” des usagers de GTR, la plus grande franchise privée du Royaume-Uni, qui dessert entre autres le nord de l’Angleterre, le sud-est du pays et l’aéroport de Gatwick. GTR est la propriété de Govia, une entreprise conjointe entre la compagnie britannique Go-Ahead et Keolis, filiale de la française SNCF.

     

    La refonte des horaires, introduite fin mai, a provoqué des annulations de trains en série et des retards très importants, affectant en particulier les dizaines de milliers de personnes qui font la navette chaque jour pour venir travailler à Londres.

     

     

    Front uni historique
    Un groupe d’usagers et d’employés du train qui milite pour le retour du train nationalisé a créé une page Facebook et un site internet. Il organise de très nombreuses manifestations

    Fait exceptionnel, 25 journaux locaux du nord de l’Angleterre, région particulièrement affectée par la situation, ont présenté cette semaine un “front uni historique” pour appeler la Première ministre conservatrice Theresa May à prendre personnellement en charge le dossier.

     

    La cheffe du gouvernement a dénoncé une situation “inacceptable”, tandis que le ministre du Transport, Chris Grayling, visé par des appels à la démission, a annoncé qu’une enquête serait menée par le régulateur du secteur.

     

     

    Pour remédier à la crise, certains n’hésitent pas à évoquer une renationalisation du rail britannique, aujourd’hui exploité par une vingtaine de sociétés privées, un cheval de bataille du chef de l’opposition travailliste Jeremy Corbyn.

     

    Dans leur appel commun, les 25 journaux du nord plaident eux pour un renforcement des pouvoirs de l’autorité locale des transports, afin qu’elle puisse exercer une “pleine surveillance” du rail dans la région.

     

    Source: France Inter

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