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Pollution : omerta à la RATP

  • Pollution : omerta à la RATP

    Pollution : omerta à la RATP

    Malgré les études, personne n’a jugé utile d’informer les usagers de la pollution très importante de l’air dans le métro et le RER.

     

     

    Ce vendredi 15 septembre, à la veille de la Journée du transport public qui accompagne celles du patrimoine, la Fédération des transports et de l’environnement de la CFDT (FGTE-CFDT) veut frapper fort. Comme le révèle Le Monde dans son édition du jour, elle distribue des tracts à la gare du Nord pour mettre en garde les Franciliens. Le message est explicite : « Respirer dans les tunnels du métro et du RER nuit gravement à la santé ! »

     

    Ce dossier envenime régulièrement les relations entre syndicats et direction à la RATP. En cause, l’émission de particules fines, et parfois très fines, engendrée par la circulation des rames. L’une des sources principales de cette pollution insidieuse ne fait jamais parler d’elle : il s’agit des poussières de freins. En frottant contre les roues, les plaquettes rejettent dans l’air des particules de métaux lourds divers, mais tous toxiques : baryum, cuivre, cadmium, nickel, chrome, manganèse, plomb, zinc… Le phénomène existe aussi pour le transport routier, mais ses conséquences se trouvent multipliées quand il se déroule dans un univers confiné, comme les souterrains du métro et du RER.

     

     

    Le silence d’Anne Hidalgo
    Chacun fait comme s’il fallait attendre les résultats d’une étude menée par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail) pour en savoir plus. Pourtant, une campagne de mesures réalisée par la RATP elle-même, en partenariat avec Airparif, en septembre 2010 donne des informations stupéfiantes qui n’ont jamais fait l’objet de la moindre communication auprès du public. Sur le quai du RER A, à la station Auber, les émissions, aux heures de pointe, sont près de quinze fois supérieures au plafond journalier fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) (700 microns par mètre cube, contre 50 maximum). La RATP a certes mis en place des dispositifs de « renouvellement de l’air ». Des souffleries géantes qui, peu opérantes, présentent en outre l’inconvénient de faire remonter la pollution en surface, à l’air libre.

     

    Certains opérateurs ferroviaires se montrent plus transparents et plus entreprenants qu’elle. Ainsi la SNCF expérimente-t-elle Tamic, un système d’aspiration des microparticules, en collaboration avec la PME détentrice du brevet, Tallano Technologies. Et la RATP  ? « Nous n’avons pas encore réussi à développer de coopération avec elle », regrette Christophe Rocca-Serra, président fondateur de Tallano Technologies. Une formulation qui dissimule mal la fin de non-recevoir opposée par la RATP, où semble régner cet absurde adage : « Quand il n’y a pas de solution, il n’y a pas de problème. »

     

    Anne Hidalgo, si prompte à dénoncer la pollution créée par les voitures, ne semble pas pressée non plus d’ouvrir le dossier de la pollution dans le métro, puisque c’est le moyen de transport qu’elle recommande à tous les automobilistes repentis…

     

    Source: Le Point

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