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La SNCF plaide pour une consolidation de l’industrie ferroviaire européenne

  • La SNCF plaide pour une consolidation de l’industrie ferroviaire européenne

    La SNCF plaide pour une consolidation de l’industrie ferroviaire européenne

    Alors que les discussions entre Bombardier et Siemens semblent patiner, Alstom soupèse ses propres options afin de se renforcer face à la concurrence chinoise.
    Guillaume Pepy plaide pour un Airbus du ferroviaire. « A la SNCF, nous sommes pour un champion européen », a déclaré lundi le président du directoire de la compagnie ferroviaire française à Berlin, lors d’une soirée avec son homologue de Deutsche Bahn. Donc, s’il doit y avoir un rapprochement entre Siemens et Bombardier, entre Bombardier et Alstom, ou entre Alstom et Siemens, nous y serons favorable parce que nous pensons qu’il faut un industriel européen qui ait une taille suffisante pour faire face aux concurrents chinois, coréens, et demain indien ».

     

    Son appel intervient alors que Siemens mène des discussions avec le canadien Bombardier, qui restructure ses activités européennes. Mais le géant allemand, qui avait essayé d’échanger certains de ses actifs avec Alstom à la faveur de l’OPA de l’américain General Electric sur le fleuron industriel français, n’aurait pas abandonné ses espoirs d’alliance avec le groupe français. « Dans ce secteur, tout le monde parle avec tout le monde », tempère un industriel. « Ma recommandation, ce serait de convaincre la Commission qu’il faut une industrie ferroviaire européenne forte », a ajouté Guillaume Pepy.

     

     

    Faire face au géant chinois
    Jusqu’ici, les velléités de consolidation européenne se sont heurtées au veto de Bruxelles. Ensemble, Alstom et Siemens contrôleraient en effet l’essentiel du marché européen des trains à grande vitesse. De même, un rapprochement entre Alstom et Bombardier déboucherait en France sur un monopole sur le marché des trains régionaux. Mais la naissance en 2015 du géant chinois China Railway Rolling Stock Corp (CRRC), d’une fusion entre deux leaders du pays, rebat les cartes dans le secteur. Le groupe, qui pèse 30 milliards d’euros de chiffre d’affaires, a de très grosses ambitions à l’export. Il doit livrer plusieurs rames à la République tchèque où il envisage, par ailleurs, l’acquisition de Skoda Transportation.

     

    Deutsche Bahn suit aussi les discussions qui ont lieu dans l’industrie avec bienveillance. « Nous sommes naturellement aussi soucieux qu’en termes d’équipement et d’industrie ferroviaire, nous ayons des partenaires performants, a déclaré lundi Richard Lutz, le patron de la compagnie de chemin de fer allemande. Nous saluons tout ce qui va dans ce sens, a-t-il ajouté, sans vouloir spéculer sur les différents rapprochements à l’étude. Il doit y avoir un effort commun pour relever les défis des prochaines années pour le système dans son ensemble ».

     

     
    Le scepticisme d’Alstom
    Si Siemens et Bombardier ne cachent pas leur volonté de rapprochement, qui créerait un ensemble de près de 15 milliards d’euros dans le métier, Alstom se montre sceptique face à l’idée d’un Airbus du ferroviaire. « Il y a beaucoup de constructeurs ferroviaires en Europe, donc je n’imagine pas un groupement de tous les constructeurs ferroviaires autour d’une même plate-forme, ça serait d’une complexité inouïe, et le retour en termes d’économies d’échelle n’est pas évident », avait déclaré début mai le PDG du constructeur ferroviaire français, Henri Poupart-Lafarge.

     

     

    Avec 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires, le groupe peut avoir un problème de taille critique à moyen terme, même si ses résultats actuels sont tout à fait satisfaisants . Mais pour grandir, le groupe a d’autres options, en se tournant vers la Russie (où il possède déjà 25 % de Transmashholding) ou la Corée. Alstom devra également composer avec le nouveau président de la République, Emmanuel Macron, qui nourrit un certain intérêt pour les projets industriels franco-allemand. Or, selon un accord datant de 2014 entre Bouygues et l’Etat français, ce dernier dispose d’une option d’achat pour racheter jusqu’à 20% du capital d’Alstom détenu par le conglomérat familial et dont il a l’usage des droits de vote. Cette option prend fin en octobre 2017…

     

    Source: Les Echos

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