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Guillaume Pépy : « L’international transforme la SNCF »

  • Guillaume Pépy : « L’international transforme la SNCF »

    Guillaume Pépy : « L’international transforme la SNCF »

    INTERVIEW – Guillaume Pépy, le président de la SNCF, explique au JDD que son entreprise réalise un tiers de son chiffre d’affaires à l’export, une activité méconnue portée par ses filiales privées.

     

    Pourquoi la SNCF accélère-t-elle son développement à l’international?
    Aujourd’hui, l’international représente un tiers de notre activité, c’était seulement 12 % il y a dix ans. Le décollage a été rapide et la perspective, d’ici à 2022, est d’atteindre 50 % de l’activité de la SNCF en France, 25 % en Europe et 25 % dans le reste du monde. Nous ne sommes pas un gros investisseur à l’étranger, car 93 % de nos investissements se font en France. Mais nous exportons nos savoir-faire et l’excellence française. En retour, l’international crée des emplois en France et nous rapporte de la croissance et des bénéfices. Surtout, cela nous donne de l’avance : on va aussi chercher à l’international des méthodes et du savoir-faire que l’on ramène en France. Par exemple, nous sommes un leader mondial du tramway : nous en faisons de meilleurs ici parce que nous en exploitons une dizaine à l’étranger.

     

    Avez-vous besoin de trouver de nouveaux revenus alors qu’ils baissent en France?
    On ne peut pas moderniser en s’enfermant. La SNCF doit être plus ouverte aux clients et à la concurrence, au digital, à l’international. L’international est un aiguillon de la transformation et de la modernité du groupe.

     

    La grande vitesse, justement, reste-t-elle une spécialité française?
    Nous intervenons comme experts sur plus de la moitié des projets de grande vitesse dans le monde. Au Maroc sur la première ligne à grande vitesse, en Russie, à Taiwan où l’on forme des conducteurs, en Corée pour la maintenance de rames Alstom… La Grande Bretagne cherche l’exploitant de la future ligne à grande vitesse vers Birmingham, en 2026. On hésitait et ils nous ont réclamés. On va faire la compétition! Répondre à des appels d’offre à l’international nous pousse à être plus innovants. Et nous serons mieux armés en France quand viendra l’ouverture à la concurrence pour les voyageurs.

     

    Par Guillaume Rebière

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