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En se mariant avec Siemens, Alstom veut se renforcer dans le digital

  • En se mariant avec Siemens, Alstom veut se renforcer dans le digital

    En se mariant avec Siemens, Alstom veut se renforcer dans le digital

    Les européens Alstom et Siemens ont annoncé leur rapprochement pour créer un nouveau champion dans le domaine du ferroviaire. Pour Alstom, cette opération lui permettra de développer une offre davantage tournée vers le digital. Mais, ce mariage entre « égaux » suscite l’inquiètude des salariés quant à d’éventuelles rationalisations des sites de R&D et de production.

     

     

     

    Face au géant chinois CRRC Corp, véritable rouleau compresseur dans le domaine du ferroviaire, la décision ne faisait guère de doute. Le français Alstom et le groupe allemand Siemens, ont annoncé le 26 septembre avoir signé un protocole d’accord afin de combiner leurs activités ferroviaires au sein d’une entité pesant 15,3 milliards d’euros et baptisée Siemens Alstom. Le géant allemand en deviendra l’actionnaire majoritaire. Malgré tout, cette fusion est présentée comme un mariage « entre égaux » et Bruno Lemaire, ministre de l’économie et des finances, a salué une opération montrant un intérêt « tant du point de vue industriel qu’en termes de préservation de l’emploi ».

     

    Plusieurs garanties ont en effet été obtenues : l’actuel directeur général d’Alstom, Henri Poupart-Lafarge, est nommé à la tête de la nouvelle société et le siège mondial de la division « Matériel Roulant » de Siemens Alstom sera situé en France, près de Paris, tandis que l’activité « Mobility Solutions » sera basée à Berlin. Par ailleurs, les dirigeants se sont engagés à conserver les capacités françaises. Les emplois, les sites industriels et les investissements de la recherche et du développement seront préservées sur une durée de quatre ans.

     

    De quoi rêver à un nouveau géant européen de l’innovation dans le ferroviaire. «  Il s’agit d’un mariage de raison« , a appuyé Henri Poupart-Lafarge, lors d’une conférence de presse le 27 septembre, « La fusion avec Siemens permettra à Alstom de profiter de son savoir-faire dans le domaine du digital. « La gestion des données est un facteur important dans le domaine des transports en général et dans le ferroviaire en particulier« , a complété Joe Kaeser, directeur général de Siemens.

     

     

    Une consolidation nécessaire

    Toutefois, certaines questions se posent sur le long terme. Avec des synergies annuelles estimées à près de 470 millions d’euros par Siemens Alstom, les syndicats craignent des coupes sévères dans les effectifs. Car, si les activités sont jugées complémentaires tant au niveau technologique que géographique, certaines divisions comme la production de signalisation sont en concurrence avec les activités actuelles de Siemens. Dans ce contexte, les représentants des salariés redoutent que le  « pacte de non-agression » de quatre ans promis par Siemens ne constitue que la phase préparatoire à une consolidation de grande ampleur.

     

     

    En dehors de l’Hexagone, le site de Salzgitter, en Allemagne, véritable fleuron de la recherche et du développement d’Alstom, et mastodonte industriel employant 2500 personnes, pourrait subir le couperet d’une réorganisation. Même si le site a pris une avance considérable dans le développement du train à hydrogène, les postes d’assemblage de trains et métros se retrouvent en doublon avec les sites d’assemblage de Siemens. Priorité de Siemens Alstom pour rester compétitif face à la concurrence, c’est probablement le niveau technologique des sites qui pourrait, à terme, peser sur les décisions.

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