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En Italie, l’ouverture du rail à la concurrence a fait baisser les prix

  • En Italie, l’ouverture du rail à la concurrence a fait baisser les prix

    En Italie, l’ouverture du rail à la concurrence a fait baisser les prix

    L’Italie est le premier pays européen à avoir ouvert son réseau ferroviaire à la concurrence.
    D’ici 2021, on pourra voir sur de mêmes rails des trains de la SNCF aux côtés de ceux d’opérateurs privés, grâce à l’ouverture de la concurrence. Une ouverture, dictée par l’Union européenne, qui ne fait pas l’unanimité chez tout le monde.

     

     

    Les syndicats la déplorent et craignent que ce ne soit tout simplement la fin du service public. En face, on la défend, arguant que le développement du rail ne peut passer que par cette mise en concurrence. C’est d’ailleurs pour y faire face que la transformation de la SNCF lancée par le gouvernement est nécessaire. Ailleurs en Europe, on s’y est déjà mis. Avec plus ou moins de succès. Exemple en Italie.

     

     

    Fonctionnaire au ministère de l’Economie italien, Alessio s’est levé aux aurores pour se rendre à Florence (Toscane), en empruntant Italo, le TGV privé, concurrent de Trenitalia, la SNCF transalpine, dont l’arrivée a fait chuter les tarifs de la grande vitesse. Le PDG de NTV (Nuovo Trasporto Viaggiatori), la société qui exploite Italo, a même chiffré à 40 % la baisse des prix depuis le lancement d’Italo en 2012.

     

     

     

    Pour le reste, Alessio ne note pas de grandes différences entre Trenitalia et Italo. « Le personnel d’Italo est peut-être plus serviable que celui de Trenitalia », sourit-il. Dans les wagons Smart, qui proposent les tarifs les plus bas, le confort n’est pas exceptionnel, les sièges sont étroits et nombreux sont les usagers à se plaindre du peu de place pour étendre leurs jambes. Mais la propreté règne en maître et la durée courte des trajets – 1h30 pour un Rome-Florence, 3h00 entre Rome Milan – tempère l’inconfort.

     

     

    « On voit qu’ils veulent être compétitifs »
    « C’est la première fois que je voyage avec Italo, s’exclame Maria-Chiara, revenue de Florence. Généralement, je n’utilise pas trop le train car j’ai des enfants, et ça reste cher de se déplacer en famille. » Elle ajoute : « Mais je dois dire que pour voyager en première, que j’ai trouvé très confortable, j’ai payé 20 euros. » Italo propose quatre types de tarifs offrant plus ou moins d’avantages, comme de légères collations ou une salle d’attente exclusive dans les gares qu’elle dessert.

     

    Lancé en avril 2012 sur la ligne Bologne-Naples comme un TGV de luxe, l’Italie de NTV, filiale au départ des géants de la finance italienne Intesa et Generali, a été obligée de revoir ses ambitions à la baisse au fil du temps.

     

    Mais le train propose toujours des services appréciés de ses usagers : « Il y a le wifi à bord qui fonctionne assez bien et même une salle de cinéma », confie Giacomo, un Florentin de 34 ans, en partance pour Vérone. « Pour les voyages longs, c’est un avantage. J’apprécie les efforts faits pour rendre le voyage plus agréable, on voit qu’ils veulent être compétitifs. »

     

     

     

    Une entreprise prospère

    Ce jour-là, en revanche, Anna est un peu déçue. Elle avait un rendez-vous à Milan, mais le train affiche 37 minutes de retard. « Ce n’est pas de la faute de la compagnie, tempère-t-elle, ce sont des travaux sur la voie. » Depuis la mise en place de NTV, les prises de becs avec le réseau ferroviaire italien ne sont pas rares. Chantiers sur les voies, obstruction à l’information des passagers en attente, octroi fantaisiste des quais, NTV n’a pas hésité à faire intervenir l’autorité chargée de la concurrence.

     

    Des difficultés qui n’ont pas empêché l’entreprise de prospérer. Si NTV, dans laquelle la SNCF avait investi avant de se retirer en 2015, a connu des heures difficiles et a a failli en 2014 déposer le bilan, elle a su finalement s’imposer sur le marché et fini par dégager des bénéfices. Preuve de son succès : au début d’année, la compagnie a été vendue à un fonds américain. Montant de la revente : 2 milliards d’euros.

     

     

    Source: Le Parisien

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