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En Bretagne, l’unique ligne ferroviaire privée de France

  • En Bretagne, l’unique ligne ferroviaire privée de France

    L’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire ne devrait pas changer le quotidien des usagers du train et des salariés de la ligne Carhaix-Guingamp, privée depuis 1967.

     
    C’est une ligne ferroviaire unique en France : la liaison TER, qui relie Carhaix (Finistère) à Guingamp et Paimpol (Côtes-d’Armor), est la seule gérée par une entreprise privée, la CFTA, filiale du groupe Transdev*, qui exploite les 89 km pour le compte de la SNCF. « J’ai toujours pensé que c’était une ligne SNCF, s’étonne Thomas, 32 ans, devant la gare de Carhaix. J’avoue que je ne vois pas trop la différence. »

     

     

    « Cette ligne, issue du réseau historique breton qui a maillé la Bretagne à partir de 1890, a continué d’être exploitée par la CFTA après la nationalisation de la SNCF en 1938, explique Loïc Lanne, directeur de la CFTA. En 1967, nos agents ont été interrogés par référendum pour savoir s’ils souhaitaient passer à la SNCF et bénéficier du statut de cheminot, Ils ont préféré rester chez nous ».

     

     

     
    Avec l’ouverture à la concurrence des lignes TER, la CFTA continuera à répondre aux appels d’offres sans vraiment s’inquiéter pour son avenir sur cette ligne qui a transporté l’an dernier près de 100 000 voyageurs. Car, parmi les différences avec une ligne SNCF « normale », les 55 cheminots de la CFTA Bretagne sont tous polyvalents.

     

    « J’apprécie vraiment mon nouveau boulot. On fait tout de l’accueil à la circulation en passant par la maintenance, la sécurité et le contrôle des billets », détaille Fanch, 25 ans, l’un des derniers embauchés. Un peu plus loin, sur le quai de la gare de Carhaix, Denis, 59 ans, conducteur, fait d’ailleurs le plein de sa machine après avoir fait descendre ses passagers.

     

     

     

     

    « A la SNCF, je serais parti à la retraite plus tôt »
    Comme les autres salariés de la ligne, Denis, arrivé à la CFTA en 1984, peut, en plus de la conduite, s’occuper du nettoyage de la rame ou de son entretien. D’ici deux ou trois ans, il partira à la retraite. « C’est sûr, si j’avais été cheminot à la SNCF, je serais parti bien plus tôt, mais bon, je le savais à l’embauche, et ça ne me gêne pas. Au contraire, je préfère la polyvalence que m’apporte ce type de poste ».

     

     

    De son côté, la région Bretagne, qui vient de consacrer 28 M€ à la remise à neuf de cet axe, soutient fermement la ligne que le rapport Spinetta préconise au contraire de fermer. Une proposition qui n’est évidemment pas goût de Gérard Lahellec, vice-président de la région chargé des transports. « Nous nous opposerons à sa fermeture. Nous considérons qu’il ne saurait être question pour l’État de se défausser de ses responsabilités sur le devenir de ces lignes qui ne sont plus entretenues depuis des années. »

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