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Dette Le rail à crédit

  • Dette Le rail à crédit

    Dette Le rail à crédit

    Elle court, elle court, la dette de la SNCF. Son montant atteint 40 milliards d’euros aujourd’hui et culminera à 63 milliards en 2026.

     

    Son remboursement coûte chaque année à l’entreprise 1,5 milliard, soit le prix de 40 rames de TGV made in France par Alstom. Ce lourd fardeau est d’abord l’héritage du passé. On y trouve le coût des lignes à grande vitesse et les déficits successifs de la SNCF.

     

     

    Depuis 2010, l’heure n’est plus à la construction de lignes nouvelles, mais plutôt à la rénovation d’un réseau en piteux état, surtout pour les voies ferrées classiques. D’où les 23 milliards de dettes supplémentaires à venir, au rythme de 2,5 milliards par an. Aujourd’hui, la filiale SNCF-Réseau, propriétaire des 30 000 km de rails, pilote 1 600 chantiers de rénovation, dont une majorité en Ile-de-France, qui concentre le plus grand nombre de voyageurs et les infrastructures les plus fatiguées. 2 milliards d’euros y sont investis cette année. Lestée par ce fardeau financier, la direction de la SNCF a fait passer un message clair à l’Etat : pas question de financer le moindre kilomètre de ligne nouvelle. Message reçu.

     

    Pour la construction de la liaison CDG-Express destinée à relier l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle au centre de Paris en vingt minutes d’ici à 2023 (Jeux olympiques obligent), c’est l’Etat qui s’endettera directement à hauteur de 1,7 milliard pour ne pas plomber un peu plus le bilan de la SNCF pourtant actionnaire du projet.

     

    Cette austérité décrétée ne rend pas pour autant la situation tenable. L’exécutif cherche donc une issue et a confié une mission de réflexion à l’ancien président d’Air France Jean-Cyril Spinetta. L’exercice est complexe car il s’agit de sortir cette dette du budget de la SNCF sans forcément la faire entrer dans celui de l’État, de manière à ne pas violenter les critères de Maastricht sur le poids de la dette ramené au PIB. La solution pourrait passer par une opération de defeasance (en français, cantonnement).

     

    Il s’agit de loger ces milliards encombrants dans une structure spécialement créée et contrôlée par l’État. Le mécanisme a déjà fait ses preuves, il y a un quart de siècle. A l’époque, il avait permis de sauver le Crédit lyonnais.

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