fren

Avec son calculateur d’itinéraires, Hyperloop One vend des promesses irréalistes

  • Avec son calculateur d’itinéraires, Hyperloop One vend des promesses irréalistes

    Avec son calculateur d’itinéraires, Hyperloop One vend des promesses irréalistes

    Hyperloop One, l’une des sociétés cherchant à développer un système de transport ultra rapide par sustentation magnétique sous l’appellation Hyperloop, a mis en ligne un « calculateur d’itinéraires » sommaire pour comparer sa technologie aux moyens de transport existants sur des trajets donnés. Pas crédible, voire contre-productif.

     

    Combien de temps vais-je mettre pour rallier Paris à Berlin en voiture, en train, en avion… ou en Hyperloop ? Si vous vous posez la question, la société Hyperloop One a conçu un petit outil web pour vous donner la réponse. Tapez les noms de deux grandes villes dans le moteur de recherche, validez l’itinéraire et vous obtenez une estimation des temps de parcours.

     

     

     

    Des méhodes de calcul peu sérieuses

    Dans notre exemple Paris / Berlin, cela donne : 1h04 en Hyperloop, 4h06 en TGV, 5h15 en avion (nous y reviendrons), 5h28 en train classique et 10h25 en voiture. Le tout est calculé sur la base d’une vitesse moyenne (peu réaliste) pour chaque mode de transport : 1080 km/h pour l’Hyperloop (ce qui serait plutôt sa vitesse maximale, et non moyenne), 300 km/h pour le train à grande vitesse, 841 km/h pour l’avion, 220 km/h pour le rail standard et 112 km/h pour l’automobile. Pour chaque trajet, l’outil donne aussi le nombre total de passagers potentiels (soit la simple addition du nombre d’habitants des deux villes) et une estimation du « temps économisé » pour chaque million de voyageurs en Hyperloop sur cette liaison (3 millions d’heures dans l’exemple Paris / Berlin).

     

    Passons sur la méthode de calcul, discutable. Passons sur le fait que le comparateur n’inclut le temps de trajet de porte à porte que pour l’avion (ce qui explique les temps de parcours rallongés) et pas pour les autres modes de transport (chacun aura-t-il un tube Hyperloop en bas de chez soi ?). Passons sur le fait que seules les grandes villes sont incluses, ce qui anéantit les espoirs naissants des Limoges, Lyon et Saint-Etienne, Bastia, Bourges et autres candidats à la sustentation magnétique en tunnel sous vide.

     

     

     

    Faire rêver à tout prix

    Le problème, c’est que ce petit gadget en ligne, tout comme les initiatives précédentes de communication d’Hyperloop One (notamment le « concours de routes » européennes, qui a fait émerger des idées de liaisons « Corse-Sardaigne » ou « Estonie-Finlande » par exemple) installe l’idée que la très très grande vitesse est à notre porte. Les dirigeants d’Hyperloop One martellent leur objectif de créer trois lignes dans moins de quatre ans, en 2021 (notamment à Dubai et Abu Dhabi), et des dizaines d’autres ensuite. Totalement irréaliste alors que seulement deux tests (certes très médiatisés) ont pour l’instant été réalisés, sur une portion de 500 mètres, à une vitesse de 300 km/h (bien loin des 1000 km/h promis).

     

    Surtout, le temps de conception et de réalisation de tels projets d’infrastructures ne peut pas être compressé, même avec l’appui de partenaires industriels. Il reste d’innombrables obstacles techniques, financiers, réglementaires et juridiques à surmonter pour voir naître une ligne Hyperloop ouverte au grand public. Il faut le garder à l’esprit en tapant (pour le fun, donc) un Moscou-Pékin, un Rome-Helsinki ou un Mexico-Montréal dans le calculateur d’itinéraires.

     

     

    Source: Usine Digitale

Retour