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Allemagne. Le made in China arrive aussi par le rail

  • Allemagne. Le made in China arrive aussi par le rail

    Allemagne. Le made in China arrive aussi par le rail

    Une ligne longue de 11 800 km à travers l’Asie et une partie de l’Europe achemine désormais les produits chinois en Allemagne. D’où elles sont, ensuite, acheminées à travers le continent.

     

    Au coeur de la Ruhr, le terminal ferroviaire de Duisburg aligne des murailles de conteneurs sur une douzaine d’hectares. Dans ce grand Lego multicolore, des briques bleues avec l’inscription « China railways express ». Jusqu’à présent, la première puissance industrielle mondiale se contentait du transport maritime pour inonder la planète de ses produits. C’est désormais aussi par le rail qu’elle les expédie en Europe.

    Les quantités sont très modestes. « En moyenne vingt trains par semaine », assure Erich Staake, président du port ferroviaire. Soit environ 800 conteneurs, tous déchargés à Duisburg avant d’être réexpédiés le plus souvent par camions chez les importateurs du Vieux continent.

     

     

    Plus longue ligne au monde
    C’est en 2011 qu’a été lancé le service, après une visite du président Xi Jinping. Pour l’exécutif chinois, l’enjeu n’est pas seulement commercial, il est aussi géopolitique. L’Empire du milieu se juge trop dépendant des voies maritimes. Avec les nouvelles routes de la Soie, il cherche à diversifier ses modes de transport en ajoutant à son jeu la carte terrestre. Intégrées à ce nouveau flux marchand, les régions de l’intérieur du pays devraient y trouver des perspectives de développement. Pour le moment, elles sont restées à l’écart du grand boum industriel, concentré sur le littoral, à l’est.

    Les trains sont chargés à Chongqing, Wuhan ou Yiwu, mégalopoles industrielles. Ils traversent le pays jusqu’à la frontière du Kazhakstan, puis s’engouffrent dans l’immense Russie pour rejoindre la Biélorussie puis la frontière polonaise et Duisburg. « 11 800 km parcourus, sans doute la plus longue ligne de fret ferroviaire au monde », commente Martin Koerner, manager général du « hub » (plate-forme d’éclatement).

     

     

    Chaque voyage est une petite aventure, avec relèves d’équipage, chinois puis kazakhs, polonais, longues attentes pour les douanes. Et changement de wagons à l’entrée et à la sortie de l’ex-Union soviétique où l’écartement des rails est plus large. Mais le système se rode. « Au début, le trajet prenait dix-neuf jours. Aujourd’hui, seulement une douzaine », se félicite Erich Staake.

    L’hiver, les convois peuvent traverser des froids extrêmes. « En dessous de – 30°, cela peut endommager les téléviseurs, les écrans plats ou les imprimantes », détaille Daniel Thomas, responsable commercial. Pour y remédier, les opérateurs ont recours à des conteneurs chauffés, mis au point tout exprès.

     

     

    De l’alcool, des voitures
    La marque d’ordinateurs Hewlett-Packard, qui possède une énorme usine à Chongqing, est le premier client. Les autres ? « Acer ou Apple », détaille Erich Staake. Le coût du transport d’un conteneur est de 4 000 $ (3580 €), dont 1 500 (1341 €) sont subventionnés par le gouvernement chinois. Malgré cette aide, le ferroviaire reste plus cher que le maritime. Cependant, il est plus rapide, avec un gain de temps d’environ quatre semaines, Là se trouve son créneau. « Il n’est pas fait pour le fret volumineux, plutôt pour des produits à forte valeur ajoutée comme l’informatique, les vêtements, avec par exemple les réassorts de collection », précise Daniel Thomas.

     

    Au retour vers la Chine, les opérateurs peinent à remplir les conteneurs. « Au début, nous étions à un plein pour trois vides. Aujourd’hui, c’est un pour deux », assure Martin Voerner. Des pièces pour les usines automobiles chinoises, de l’alcool, des parfums, des produits laitiers et des voitures haut de gamme, c’est ce que le rail rapporte vers l’Orient. L’avenir ? Erich Staake est d’une prudence de Sioux : « Actuellement, le transport ferroviaire représente peut-être 0,1 % de l’ensemble du fret. Je pense que nous pouvons monter à 1-1,5 % mais cela restera une niche. »

     

    Source: Ouest-france

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